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Le gaz butane a connu une augmentation de 40%, depuis le samedi 1er septembre 2012. Cette décision du gouvernement, même si elle n’a pas suscité la grogne chez le consommateur malien, a de lourdes conséquences sur le capital forestier national qui fournit presque la totalité des besoins énergétiques du pays.

Le prélèvement annuel de bois-énergie pour les besoins énergétiques nationaux varie selon les sources et par an entre 6,5 à 7 millions de tonnes, soit environs près de 80%. Ce qui fait du bois la principale source d’énergie au Mali. Ce prélèvement constitue une des causes de surexploitation des ressources ligneuses autour des centres urbains.

Pour diminuer cette dépendance en bois, le gouvernement du Mali avait initié une politique de vulgarisation de gaz en accordant une subvention à ce produit. Cette mesure avait été saluée par les associations de consommateurs et des services de protection de la nature. Avant cette mesure, de nombreuses actions, notamment la diffusion de foyers améliorés, reboisement, aménagement des forêts, élaboration de schémas directeurs d’approvisionnement en bois énergie (SDA) des principales villes ont été menées. Toutes ces actions avaient pour but de réduire la demande ou accroître l’offre de combustibles, mais les résultats n’ont jusque là pas comblé toutes les attentes.

Ainsi, la décision du gouvernement d’augmenter le prix de gaz butane va poser la problématique de l’offre de bois- énergie de la ville de Bamako et aussi en terme de gestion, des aspects liés au déséquilibre profond existant entre d’une part, l’insuffisance et la baisse continuelle de la production naturelle de bois- énergie des formations forestières résultant de leurs faibles capacités de régénération et d’autre part, la satisfaction des besoins énergétiques croissants des populations qui va conduire à un prélèvement abusif du bois- énergie dans le capital forestier du bassin d’approvisionnement de la capitale. C’est donc tous le capital forestier des cercles de Kita, Banamba, Kati, Dïola, Bougouni, Yanfolila et de Kolondiéba qui se trouvent fortement menacé. Car, plus de 90% du bois – énergie est exploité en zone incontrôlée. Ce qui dénote du déficit réel du contrôle forestier et la non maîtrise du circuit d’exploitation et d’acheminement du bois énergie. Le nouveau ministre de l’Environnement et de l’assainissement, David Sagara, est donc avisé. Surtout que les arguments explicatifs ne sont pas de nature à convaincre les associations de consommateurs comme le Redecoma.

Avec cette augmentation, c’est tout le capital forestier national qui pourrait disparaître d’ici quelques années. Si rien n’est fait.

Moussa SIDIBE

L’Indépendant du 7 septembre 2012