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La décision du gouvernement d’augmenter de 3 à 7 % les tarifs d’électricité à compter de ce mois de février est jugée inopportune par la présidente de l’Association des consommateurs du Mali (Ascoma) au regard du contexte difficile que traversent les Maliens. Mme Coulibaly Salimata Diarra, révèle que la mesure serait une exigence du Fonds monétaire international (FMI).

Les consommateurs de l’électricité verront à la fin de ce mois de février 2013 leur facture augmenter de 3 à 7 % selon les tranches de consommation. Deux facteurs sont avancés par la Commission de régulation de l’eau et de l’électricité (Cree) qui en a fait la révélation pour justifier cette augmentation des tarifs de l’électricité. Il s’agit du coût élevé du gasoil et de la vétusté de l’outil de production.

Mais il faut dire que cette augmentation des tarifs de l’électricité intervient à un moment où les consommateurs éprouvent d’énormes difficultés du fait non seulement de la guerre à nous imposée par des djihadistes, mais également du fait de la participation à l’effort de guerre. Approchée, la présidente de l’Association des consommateurs du Mali (Ascoma), Mme Coulibaly Salimata Diarra pense que le gouvernement de transition devrait tout faire pour épargner au peuple malien une augmentation des tarifs. Elle pense que l’Etat aurait dû prendre des mesures de son côté en s’acquittant notamment de ses factures d’électricité impayées. Il faut dire que l’Etat doit à EDM plusieurs millions de F CFA d’impayés.

Parlant de l’EDM, la présidente de l’Ascoma soutient que celle-ci doit améliorer ses performances en corrigeant les dysfonctionnements de ses structures pour minimiser les pertes. Cela, dit-elle, passe par la lutte contre la fraude, la moralisation des pratiques au sein de l’EDM-SA, l’identification correcte des clients etc. « Le contexte de crise qui éprouve chacun de nous impose rigueur et équité », soutient la patronne de l’Ascoma.

Tout en reconnaissant d’avoir été informée de la décision sans en avoir pour autant les vrais éléments qui le sous-tendent, Mme Coulibaly Salimata Diarra, dit avoir appris que l’augmentation des tarifs de l’électricité est une exigence du Fonds monétaire international. Elle poursuit, « que si cela n’est pas fait, le Mali risquait de ne plus avoir de financements en la matière ».

Puisque l’Etat ne s’est pas assumé alors qu’il est le plus grand consommateur de l’eau et de l’électricité, la présidente de l’Ascoma voit en la décision d’augmentation des tarifs de l’électricité, une façon pour le gouvernement d’en rajouter à la pression que subissent présentement les Maliens. « Pour moi, les gens ont fait des efforts pour soutenir l’effort de guerre. Ils sont en train de contribuer de façon inimaginable. Donc, une autre pression de ce genre, j’avoue que le moment est difficile pour les consommateurs », déplore la présidente de l’Ascoma.

Mohamed Daou

Les Echos du 21 Février 2013