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AFP—TRIPOLI – Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré lundi à l`AFP que Paris n`avait « aucune intention » d`envoyer des troupes destinées à combattre sur le sol malien pour chasser les groupes islamistes armés du nord du pays.

« Nous n`avons absolument aucune intention d`être au sol », a déclaré M. Fabius dans une interview à l`AFP en marge de sa visite lundi à Tripoli, au lendemain de l`accord d`Abuja sur l`envoi de 3.300 soldats africains afin de reconquérir le nord du pays.
« C`est aux Africains de se rassembler pour réunir leurs forces », a-t-il ajouté, affirmant toutefois que la France pourrait « aider dans le domaine logistique ».
Interrogé sur le point de savoir si des frappes aériennes de l`armée française dans le nord de Mali étaient envisagées, il a répondu: « Ce n`est pas une opération qui va être menée à brève échéance. Ceci va prendre du temps ».

Selon lui, « il y a trois volets sur lesquels il faut agir »: le volet politique, le volet sécuritaire et humanitaire et le volet de développement.
« La France va jouer un rôle sur les trois volets », a-t-il dit.
« Ces trois éléments sont à la fois développés par les Africains, soutenus
par l`Union européenne et qui vont être soutenus par la suite par l`Onu fin novembre ou début décembre ».

Au niveau politique, M. Fabius a souligné la nécessité de « conforter les autorités légitimes du Mali » et de dialoguer avec la population du nord du Mali, mais à condition que les groupes qui occupent ce territoire « récusent expressément le terrorisme et ne mettent pas en cause l`intégrité du Mali ».

Des dirigeants africains réunis dimanche à Abuja se sont mis d`accord sur l`envoi au Mali d`une force militaire internationale de 3.300 soldats pour un an, afin de reconquérir le nord du pays.

Ce plan sera transmis au Conseil de sécurité de l`ONU, via l`Union africaine, avant la fin novembre.
Les Européens soutiennent les initiatives africaines, mais ont jusqu`à présent affirmé qu`ils n`enverraient pas de troupes sur le sol malien et qu`ils étaient prêts à un soutien logistique et d`encadrement.
Le président français François Hollande a réaffirmé dimanche que la France n`interviendrait pas directement au Mali mais aurait « le devoir » d`être aux côtés des Africains s`ils décidaient d`une opération militaire.

ila/plh

Le Combat du 13 Novembre 2012