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C’est l’une des priorités de tous les candidats à la présidentielle de lundi au Zimbabwe. Remettre sur les rails l’agriculture du pays, ruinée il y a vingt ans par une réforme très politique et catastrophique de l’ex-président Robert Mugabe. Dans la fertile province du Mashonaland East, à l’est de la capitale Harare, un fermier noir et un collègue blanc exproprié tentent de relever le défi ensemble, renouant symboliquement un lien détruit par les violentes « invasions » de terres ordonnées par le « camarade Bob ». Il y a deux ans, le premier, Gary Shoko, 61 ans, s’est associé au second, Pieter Gertenbach, 63 ans, pour relancer son exploitation de 81 hectares. Avec succès. Aujourd’hui, tous les deux sont même persuadés de détenir la recette qui rendra au Zimbabwe sa gloire perdue de « grenier à blé » de l’Afrique australe. Leur partenariat a démarré fortuitement en 2016. Dans son village d’Arcturus, Gary Shoko est le témoin de l’expropriation violente d’une ferme voisine, propriété d’un exploitant blanc. Pour la deuxième fois de sa vie, Pieter Gertenbach, qui y était employé, se retrouve à la rue. « Ce voisin venait juste de se faire expulser d’une ferme. Je me suis dit qu’on pouvait peut-être l’aider, j’y ai vu une occasion pour nous de collaborer », se souvient M. Shoko, assis dans la véranda qui domine son exploitation. « Je lui ai dit +pourquoi ne travaillerait-on pas ensemble ? J’ai la terre, vous avez l’expertise+ », poursuit l’agriculteur. L’an dernier, les deux agriculteurs ont déposé les statuts de leur coentreprise et commencé à produire des légumes, des céréales (maïs et blé) et à y élever des poulets.AFP