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Au Mali, un colonel peut vous cocufier, amener votre épouse à demander le divorce et s’emparer de tous vos biens les yeux dans les yeux. La preuve…

jpg_el.jpgDisposant de preuves suffisantes que sa 2e femme, A. S., vit avec un colonel de gendarmerie, F. I., un inspecteur des impôts, âgé de près de 60 ans, s’est résolu à engager une action en divorce. A sa grande surprise, un beau jour, A. S. qui avait abandonné le foyer conjugal, accompagné d’un huissier, d’un avocat et d’un groupe de gendarmes, s’est rendue à son domicile et enlevé en force tout ce qui était dans la maison, y compris la volaille.


F. I. fréquentait le même
« grin » que le colonel. A. S. qui se rendait chaque vendredi et samedi au « grin » va faire la connaissance du colonel. Un jour, la dame a été convoquée par un usager de son service au Camp I de la gendarmerie pour une affaire de trafic de terrain. Se sachant impliquée dans cette affaire, elle fit appel, à l’insu de son mari, au colonel qui l’aide à sortir de cette impasse. F. I., n’a été informé de l’affaire que lorsqu’un jour au « grin », le colonel l’a appelé de côté pour lui remettre des documents appartenant à sa femme.

Ce service rendu est-il à la base d’une relation amoureuse entre Mme F. et le colonel ? Toujours est-il qu’après cette action du colonel, F. I. remarque des comportements étranges chez son épouse : des coups de fil intempestifs et des sorties douteuses pendant des journées.


C’est en ce moment que F. I.
entreprend une enquête. Le 31 décembre 2006, A. S. est sortie du domicile conjugal prétextant des courses en ville. Non convaincu, son époux la suit. Mme s’est dirigée chez le colonel où elle gare sa voiture devant la porte. F. I. vient également se garer à la porte pendant que sa femme est à l’intérieur.

Arrêté à la porte avec son huissier qu’il a fait venir après avoir pris sa femme en filature, M. F. appelle sa femme sur son portable. Elle lui fait comprendre qu’elle est chez un de ses parents. Après deux heures, elle sort avec le colonel divorcé de son épouse. C’est ainsi que F. I. fait établir un procès-verbal de constat et engage une action en divorce.

Désemparée, A. S. abandonne le domicile conjugal. Par la suite, elle prend les devants en initiant une procédure en divorce. En même temps, elle porte plainte au parquet du Tribunal de la Commune VI contre son époux pour répudiation et injures. F. I. a été entendu dans le cadre de cette procédure le mardi 16 janvier 2007.

Classé sans suite


F. I. a porté plainte contre le colonel.
Dans le procès-verbal d’enquête préliminaire de la gendarmerie, le colonel explique que « la femme de F. I. est ma cousine. F. I. est d’une jalousie qui frise l’hystérie par rapport à elle. Pour cette raison, il suit et fait suivre la dame lorsqu’elle part au travail ou sort de chez elle pour des courses en ville. C’est ainsi que le dimanche 31 décembre 2006, au lendemain de la fête de Tabaski lorsqu’elle est sortie pour des présentations de vœux… que bien remonté contre moi, F. I. a attendu que ma cousine arrive chez moi (sachant bien qu’elle y viendra) pour provoquer un scandale qui heureusement n’en sera pas un grâce à la grande maîtrise de soi dont madame et moi nous avions fait preuve » .


Il ajoute que
« F. I. reste sur sa décision de répudier sa femme qui se résolut à aller enlever ses bagages. J’ai demandé et obtenu officiellement un véhicule de la direction générale de la gendarmerie pour aider ma cousine à transporter ses bagages » .

Le procureur de la République près le Tribunal de 1re instance de la Commune VI de Bamako a classé la plainte de I. F. sans suite au parquet. Impuissant, I. F. écrit le 11 mars 2009 au ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile pour demander son secours.

« Excellence, c’est un véhicule de la gendarmerie qui est venu me dépouiller de tous les biens que j’ai acquis à la sueur de mon front au seul motif qu’un colonel de la gendarmerie voulait mon épouse dont il prétend être sa cousine. Excellence, je vous prie de me faire restituer mes biens qui m’ont été soustraits par le colonel… Je sais que par vous, justice me sera rendue car plusieurs vaillants officiers m’ont dit que soit vous n’avez pas été informé, soit vous avez été mal briefé sur cette scabreuse affaire » , explique-t-il dans sa lettre .

Affaire à suivre.

Sidiki Doumbia

Les Échos du 31 Mars 2009