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La police égyptienne a mis ses menaces à exécution et a commencé à disperser les partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi au Caire, dans une opération qui a rapidement tourné au bain de sang. Moins de trois heures après les premiers tirs de grenades lacrymogènes, un journaliste de l’AFP a compté 43 cadavres –tous des hommes dont plusieurs manifestement tués par balles– dans la morgue de fortune de la place Rabaa al-Adawiya au Caire. Dans cet hôpital de campagne au sol maculé de sang, les médecins débordés délaissaient les cas désespérés pour concentrer leurs efforts sur les blessures les plus susceptibles d’être soignées. Un homme qui respirait encore mais avait reçu une balle dans la tête n’a ainsi pas pu recevoir de soins. Les Frères musulmans, l’influente confrérie dont est issu M. Morsi, ont annoncé un bilan dépassant les 250 morts et 5.000 blessés, tandis que les autorités recensaient sept décès, dont deux membres des forces de sécurité, et affirmaient que les manifestants avaient ouvert le feu sur la police. Les pro-Morsi ont été pris par surprise par les bulldozers des forces de l’ordre car les nouvelles autorités avaient promis des « sommations » afin de laisser partir ceux qui le souhaitaient, en particulier les femmes et les enfants qui campaient depuis plus d’un mois sur les deux places. AFP