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Une délégation du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), qui avait pris les armes au nord du Mali avant d’être chassé des grandes villes par les groupes islamistes, a rencontré le médiateur de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ce dimanche 7 octobre à Ouagadougou. Le MNLA est venu remettre à Blaise Compaoré sa plateforme de revendications politiques, comme l’avait souhaité le médiateur. Fait majeur, le MNLA ne parle plus de sécession mais d’autodétermination de l’Azawad.

jpg_une-1076.jpgMême si le contenu de cette plateforme politique du Mouvement national de l’Azawad n’a pas été dévoilé, un pas vient d’être franchi. Le MNLA se dit déterminé à discuter autour d’une table des causes profondes de la crise au nord du Mali.

Ibrahim Ag Mohamed Assaleh, membre du Conseil de transition de l’Azawad, le confirme lui-même : « En réalité, nous revendiquons notre droit à l’autodétermination. L’autodétermination ne veut pas dire sécession. Même un enfant dans sa propre famille a besoin d’une autodétermination : le droit à la vie, le droit à la santé, le droit à l’éducation. Tous les droits élémentaires de base. »

Sans préciser de calendrier, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibril Bassolé, a souligné que le médiateur saisira le gouvernement intérimaire du Mali pour la constitution de la délégation qui discutera au nom et pour le compte de l’Etat malien.

Pour Djibril Bassolé, l’objectif est clair : « Afin d’engager les pourparlers de paix, le médiateur renouvellera au président Dioncounda Traoré la demande des chefs d’Etat de la Cédéao de créer une structure nationale chargée de promouvoir le dialogue avec le nord. Nous verrons, dans la mesure du possible, comment satisfaire les aspirations légitimes du MNLA dans le cadre d’un Etat uni, fort et stable. »

Promise par le gouvernement par intérim du Mali, cette structure établira l’agenda des pourparlers inclusifs devant aboutir à la signature d’un accord global définitif de paix et de stabilité au Mali, a conclu Djibril Bassolé.

RFI, le 8 Octobre 2012


Mali : les Touaregs du MNLA ne veulent plus l’indépendance

Un pas vient d’être franchi dans la rébellion touareg qui secoue le Nord-Mali depuis près d’un demi-siècle.

Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) s’est dit prêt à engager des pourparlers sur les causes profondes qui secouent le Mali, et à renoncer à l’indépendance, rapporte BBC Afrique.

Le 7 octobre, une délégation du MNLA a été reçue par le médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), le président burkinabé Blaise Compaoré.

Au cours de la rencontre, les représentants du MNLA ont déposé sur la table du médiateur leur plateforme de revendications, qui loin de remettre en cause l’intégrité territoriale du Mali exige l’autodétermination aux autorités du pays.

«Nous sommes là aujourd’hui (ndlr : 7 octobre) pour informer le monde entier que le MNLA a réussi pendant des mois de travail à tomber d’accord sur une plateforme politique avec des aspirations très claires et nettes pour pouvoir atteindre le règlement politique de cette crise qui nous oppose au Mali depuis 52 ans», a indiqué Ibrahim Ag Assaleh, membre du Conseil national de transition de l’Azawad et chef de délégation.

Et de poursuivre:

«Nous revendiquons notre droit à l’autodétermination qui ne veut pas dire sécession. C’est le droit à la vie, à la santé, à l’éducation, les droits politiques et le droit à l’expression», a-t-il notamment précisé.

Le ministre burkinabé des Affaires étrangères Djibril Bassolé a relevé que pour accélérer le processus de paix dans le Nord-Mali, le président Blaise Compaoré, va réitérer au président Dioncounda Traoré la demande des chefs d’Etat de la Cédéao de mettre sur pied une structure nationale chargée de promouvoir le dialogue dans la région.

Sans toutefois annoncer le démarrage de ce calendrier, Djibril Bassolé a souligné qu’en accord avec les présidents ivoirien Alassane Ouattara et nigérian Goodluck Jonathan, un cadre formel de dialogue prenant en compte les exigences des autres chefs d’Etat de la Cédéao sera également soumis aux parties en conflits.

«Nous verrons comment, dans la mesure du possible, nous pourrons satisfaire les aspirations légitimes du MNLA, dans le cadre d’un Etat, uni fort et stable», a-t-il précisé.

Les revendications concernent entre autres, la préservation de l’intégrité territoriale du Mali, le respect des droits humains et des libertés fondamentales et l’accès des populations du nord Mali aux services humanitaires et sociaux.

La structure qui doit être mise en place déterminera le calendrier de ces pourparlers qui devront aboutir à un accord définitif de paix et de stabilité au Mali.

Lu sur BBC Afrique

Source : Slateafrique.com, le 8 Octobre 2012