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Dans l’immensité du grand large angolais, le pompe son brut. Vu de l’extérieur, le dernier-né des navires du pétrolier Total est un monstre, avec son pont de 330 m et sa torchère haute de 110 m. Mais à l’intérieur règne un monde de promiscuité, où chaque mètre carré compte. Pendant ses journées à bord, Benoît Tanguy, 30 ans, partage un bureau bas de plafond avec un collègue. La nuit, il se serre avec trois autres compagnons dans une chambre avec vue sur la mer – un luxe – mais sans âme. L’ingénieur ne s’en plaint pas. « On a peu d’intimité mais on est entouré, ça aide à passer les moments de solitude. Surtout, on est pris par le travail, les journées passent très vite ». Cette vie en mer, Benoît Tanguy en rêvait depuis longtemps. « Si j’ai rejoint Total, c’est précisément pour travailler offshore ». Deux ans sur une plateforme au large d’Abou Dhabi, et maintenant sur ce navire. Sa mission? S’assurer que le bateau, amarré à 250 km au nord-ouest de la capitale angolaise Luanda, extrait au rythme et aux spécifications prévus le pétrole enfoui à près de 2.000 m sous sa quille. Pendant quatre semaines, sept jours sur sept et souvent tard le soir, Benoît Tanguy ausculte le navire à l’affût du moindre raté. Puis il repart quatre semaines à terre en congés. Même à des milliers de kilomètres de sa famille, le Breton assure ne pas s’ennuyer. « Dans la phase actuelle de rodage, le mot monotonie n’existe pas. Il y a toujours quelque chose à faire. Bien sûr, les amis et le sport me manquent mais je le vis bien. » – Équilibre – Les yeux collés à son ordinateur, son voisin opine. À 54 ans, Christophe Marx est un vétéran des séjours offshore. Il a passé dix ans au large de l’Angola et du Nigeria pour le compte d’un sous-traitant français du secteur pétrolier, et assure avoir trouvé un équilibre entre son travail à bord et sa vie de famille dans le sud de la France…AFP