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En mars dernier, le Gabon a interdit la coupe du kevazingo, un bois précieux très apprécié en Asie. Mais l’autorisation de revente et de transformation de grumes saisies inquiète des ONG qui redoutent qu’elle n’encourage les coupes illégales. « On nous dit que le kevazingo n’est plus coupé, mais nous voyons des camions chargés de kevazingo quitter la forêt pour aller à la capitale Libreville », s’étonne Martial, 54 ans, un habitant d’Oyem, capitale de la région du Woleu-Ntem (nord). Il s’agit de « bois saisi ou abandonné, donc l’Etat le récupère en l’acheminant à Libreville », assure le directeur provincial des Eaux et Forêts de la région du Woleu Ntem (nord), Philippe Ongouli. Une fois arrivées dans une zone économique spéciale proche de la capitale, les grumes de kevazingo sont valorisées par des entreprises asiatiques. Celles-ci les transforment en mobilier pour le marché international, explique Kumar Mohan, responsable de la gestion de la chaîne logistique de la compagnie Gsez (Gabon special economic zone). La compagnie Gsez, un partenariat public-privé entre l’Etat et l’entreprise singapourienne Olam, est devenue l’intermédiaire de l’Etat dans la récupération des bois saisis ou abandonnés. La Gsez gagne 50.000 FCFA (76 euros) par m3, selon M. Mohan. L’Etat obtient, lui, 25% du prix d’une grume, selon le Directeur général des Eaux et forêts, Simplice Nteme. Le prix d’un m3 de ce bois précieux varie en fonction de sa qualité entre 400.000 FCFA (environ 610 euros) et 1,2 million de FCFA (1.800 euros), de sources concordantes. Des entrepreneurs gabonais profitent aussi de la valorisation du kevazingo, chargés de repérer puis d’amener le bois abandonné ou saisi vers un lieu de stockage où il sera récupéré par la Gsez. Ces entrepreneurs, regroupés au sein de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises et industries (Cgpmei) ou du Collectif des forestiers et industriels gabonais (Cofiga), disent recevoir 30% sur le m3. Avec cet argent, ils payent entre autres le villageois qui a identifié le kevazingo à hauteur de 60.000 FCFA (90 euros) à 70.000 FCFA (100 euros) par m3. Légalement, le kevazingo appartient pourtant à l’Etat. – Coupes illégales – Avant le partenariat avec la Gsez, l’entrepreneur gabonais Emmanuel Nzue, président de la Cgpmei, revendait directement le kevazingo à des exploitants asiatiques, qui le payaient « en cash ». Et « plus il y avait une forte demande internationale, plus on faisait des coupes illégales », se souvient-il. AFP