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Il n’y a pas encore longtemps Me Hassan Barry, le président de l’UDD, était monté sur ses grands chevaux pour fustiger le comportement de ses camarades de l’ADP (alliance pour le recul de la démocratie au Mali) qu’il accuse d’avoir abandonné le président à son triste sort.

C’était au cours d’une rencontre de ce regroupement pompeusement appelée rentrée politique sous la houlette de Dioncounda Traoré au siège de l’Adéma. Pourtant l’UDD n’a bénéficié d’aucune part dans le butin républicain, ni à l’Assemblée, ni au gouvernement. C’est dire donc que la sortie musclée de cet avocat émérite contre ses alliés est peu intéressée et donc crédible.

On oublie très souvent que la plupart des regroupements politiques au Mali sont faits de façon circonstancielle sinon qu’ils sont contre-nature. Très peu d’entre eux sinon aucun résistent à l’épreuve du temps. Ce sont plutôt des alliances électoralistes dénuées de tout idéal politique et basées sur des calculs d’intérêts sordides. Peu importe alors si la fête finie, adieu le saint.

Ainsi le président de la République se retrouve aujourd’hui dans cette situation lamentable où ceux qui frappaient hier à sa porte ont tourné casaque pour aller scruter des horizons qui brillent. La raison est simple : ils n’espèrent plus rien d’un homme en fin de parcours et dont ils sont à peu près sûrs qu’il ne briguera pas un troisième mandat.

De ce fait, ATT qui n’est pas Mugabe, est devenu un homme de peu d’intérêt. Surtout que les jeux sont déjà faits, pendant que les carottes sont cuites pour les uns, d’autres se la coulent douce dans les allées du pouvoir et cela une fois pour toutes. Thuriféraires et flagorneurs ont même pris quelque distance, sans doute déçus de n’en avoir pas eu assez à proportion de leur cupidité légendaire. Le mouvement citoyen est sur les dents.

Il n’organise plus de tintamarre sur la place publique pour célébrer le culte d’Apollon. Finies les fêtes païennes sur fond de culte excessif de la personnalité. C’est le crépuscule des dieux. Sans doute que le tam-tam crépitera encore quelques fois sur la place sacrée du village à l’occasion de l’inauguration d’un pont, d’une école, d’une maternité. Mais tout indique que c’est le début de la fin d’un règne à défaut de la fin des mauvaises habitudes.

Seul à l’orphelinat de Koulouba, le roi médite sur son sort. Tout compte fait, il faut partager la poire en deux. Il a lui-même sa part dans ce qui lui arrive. En chassant du gouvernement ses soutiens les plus zélés au sein de l’ADP et en faisant la promotion inconsidérée de la femme, il est tombé dans le ravin du populisme politique. Avec Choguel Maïga (un bon ministre), Oumar Hammadoun Dicko et Seydou Traoré le ministre des criquets, ATT pouvait compter sur des alliés sans faille.

Mais voilà que leur zèle a été payé en monnaie de singe à la grande surprise de l’opinion publique. Tout simplement, le président s’est trompé d’amis en croyant bien faire. Conséquence : son PDES, à part Modibo Sidibé, aujourd’hui personne n’en parle. Dioncounda ne l’effleure à l’Assemblée que du bout des lèvres. Pauvre ATT ou pauvre ADP ?

Il semble que le premier est le plus grand perdant d’une comédie qui n’a que trop duré. Car, loin de la solitude du palais, les membres de l’alliance pour le recul de la démocratie au Mali ont la tête ailleurs. Tous lorgnent désormais les élections générales de 2012 au-delà même de la passerelle des communales de 2009. Tout le reste appartient au passé. Une leçon à méditer par les princes du jour.


Mamadou Lamine Doumbia

17 Juillet 2008