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Bientôt, la liste des bienheureux qui auront un toit grâce au programme initié par ATT sera publiée. Mais, les bienheureux seront surtout ceux qui auront de la famille dans la Commission d’attribution.

Selon le programme, pour l’exercice 2008-2009, il sera construit 1700 logements, dont 1135 à Bamako ; 1555 logements, dont 1200 à Bamako pour l’exercice 2009-2010 et 1345 logements, dont 1225 à Bamako pour l’exercice 2010-2011.

Le programme comprend trois plans types couverts en dalle et en tôles, de logements individuels à rez-de-chaussée simples (F3B, F3A et F4). Le coût global de l’opération est estimé à 84 393 313 547 F CFA.

Pour le programme en cours, des milliers de Maliens, comme à l’accoutumée, ont postulé, en toute confiance. La Commission de dépouillement, selon nos sources, devra finir dans les jours à venir. Cependant, « tout porte à croire qu’elle n’a pas tenu compte des recommandations du Vérificateur général ».

Pour mémoire, le Vérificateur général, en fin 2008, a fait un tour à la Commission. Il avait déploré le fait que les critères ne soient pas appliqués. Il avait également demandé que les bénéficiaires respectent le cahier de charges qui stipule qu’ils n’ont pas le droit de tout casser et de faire des villas cossues.

De façon générale, les membres de la Commission ne se sont préoccupés que d’eux-mêmes. La plupart des enfants des membres de la Commission sont bénéficiaires. Généralement, ces enfants sont même des célibataires…

Initié et lancé en 2003 par le président de la République, le premier programme de construction de 3500 logements sociaux exécuté sur la période 2003- 2007 a été le départ des irrégularités, car, des « quotas » ont été attribués au détriment de l’orthodoxie et du « puissant » logiciel élaboré pour les attributions.

L’engouement suscité par cette première tranche, confirmé par l’enthousiasme et l’adhésion des populations, le nombre élevé des demandes enregistrées par les commissions d’attribution des logements, les effets sur l’aménagement urbain des villes qui abritent les programmes cachent mal les malaises et les injustices issus des critères d’attribution qui ont fait de certains Maliens, parce qu’ayant des « entrées » à la Commission, des privilégiés par rapport à d’autres, par rapport au mérite.

Alexis Kalambry

03 Avril 2009