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Evitons de tomber dans les pratiques rétrogrades qui ne contribueront qu’à ternir l’image de notre pays, au vu de la Communauté internationale. Hier et aujourd’hui, nous avons dénoncé et nous continuons à dénoncer les crimes du Mnla, d’Ançar Dine, du Mujao, d’Aqmi et de leurs complices. Ils ont violé nos femmes, nos sœurs et nos filles, amputé des bras et des pieds, vandalisé des biens publics et privés, la liste est longue. C’est pour cela que nous ne pouvons pas, à notre tour, nous adonner à ce même genre de pratiques que ces crapules.

Depuis quelques semaines, des voix s’élèvent pour dénoncer des exactions qui seraient commises, qui seraient commises par nos militaires sur des populations civiles. J’avoue que si cette situation s’avère réelle, elle fait peur et elle doit nous inquiéter tous. Cela constitue une menace grave à la cohésion sociale, à la réconciliation des cœurs et un véritable recul dans nos valeurs sociétales.

Nous n’avons jamais cessé de dire que tout Targui ou tout Maure, n’est pas rebelle ou membre du Mnla ou d’un autre mouvement terroriste. Il est important que nos soldats fassent cette distinction et qu’on évite de faire de l’amalgame, voire une « Rwandalisation » du Mali. Nous n’avons pas besoin d’un génocide ou d’une extermination d’une partie de la population du Mali, à cause de la couleur de sa peau. Notre armée doit plutôt travailler à sécuriser les quelques Touaregs et Maures qui sont restés au nord et encourager le retour des populations déplacées à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Elle doit jouer la carte de la reconstruction et de l’assurance.

Le Mali est connu pour sa diversité, sa grande tolérance, son Sinangouya et son Djatiguiya. J’indique que chaque Malien se retrouve dans l’autre. Nous sommes tous des frères et des sœurs. Nos autorités doivent d’urgence initier la mise en place d’une Commission d’enquête nationale et internationale pour faire la lumière sur les faits.

Car, il ne suffit pas seulement de se limiter à dire sur des médias étrangers qu’il n’y a pas d’exactions de populations civiles, mais il faut le prouver au risque de ne pas se ridiculiser. Par ailleurs, quel est le sort réservé à la population de Kidal ? Kidal fait-il partie du Mali ? Pourquoi l’armée malienne tarde à s’y rendre ? Kidal ne mérite pas d’être libérée à l’instar des autres régions ? Pourquoi ce sont seulement les forces françaises et étrangères qui sont présentes à Kidal ? Il est temps de parler de Kidal…

Anssoumane MAÏGA

Le Reporter du 27 Février 2013