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Quatre soldats tchadiens de l’ONU tués et dix militaires blessés dont 4 maliens. C’est le triste bilan d’un attentat à la voiture piégée qui s’est produit le 11 juin dernier à Aguelhok dans le Nord-Mali, à l’entrée du camp de la Mission multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Cet attentat est un acte très osé et téméraire.

Aguelhok est en train de devenir le symbole de l’extrême barbarie humaine

Osé parce qu’il n’a pas été dirigé contre n’importe quelle force mais contre une force composée de militaires tchadiens dont l’efficacité n’est plus à prouver. Téméraire, car les auteurs de cet acte se sont attaqués à une force onusienne donc à une force mondiale. Avec cet attentat sanglant et meurtrier, on a envie de conclure qu’Aguelhok est en train de devenir le symbole de l’extrême barbarie humaine.

Car c’est dans cette même ville que des djihadistes avaient, sans autre forme de procès, égorgé une centaine de soldats maliens. Bamako doit trouver les moyens pour sécuriser au plus vite cette ville avant qu’un autre attentat n’endeuille encore des familles.

De fait, cet attentat vient rappeler si besoin en était, que la guerre est loin d’être terminée au Nord-Mali. Les djihadistes n’ont pas encore dit leur dernier mot. Mais ils sont plutôt tapis dans l’ombre et prêts à faire feu de tout bois pour déstabiliser le Mali.

Et Bamako aurait tort de confondre le calme que l’on constate dans certaines localités à une vraie paix. Bamako doit garder l’arme au pied. Elle doit assurément se rendre à l’évidence que le chemin de la paix est encore long et rocailleux.

L’on se demande d’ailleurs quelles sont les motivations des auteurs de cet attentat qui intervient quelques jours après que les trois mouvements du Nord- Mali, MNLA, MAA et HCUA ont appelé les autres groupes armés à les rejoindre en vue d’un dialogue ouvert avec Bamako. Serait-il l’œuvre d’un groupe qui veut se signaler à Bamako et à la communauté internationale pour qu’on l’associe aux futures négociations ou celle d’AQMI ? Rien n’est à exclure.

Les valeurs morales se sont effondrées au Mali

Toujours est-il qu’on le saura bientôt car l’ONU ne saurait fermer les yeux sur un acte aussi abject et ignoble. En attendant, les autorités de Bamako ont fort à faire pour éviter que le navire Mali qui montre des signes de fébrilité ne sombre de nouveau. En effet, le pays a mal sur les plans sécuritaire, administratif et de la gouvernance, surtout politique.

Les fraudes massives constatées à l’examen du Baccalauréat session 2014, montrent un dysfonctionnement grave de l’administration malienne. L’ampleur des fraudes prouve que les nouvelles autorités de Bamako n’ont pas encore réussi à forger le Mali nouveau que les Maliens attendent depuis l’élection d’Ibrahim Boubacar Kéita (IBK). Après l’achat de l’avion présidentiel qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive, suivi de la débâcle de l’armée malienne à Kidal, on pensait qu’IBK allait travailler à redorer son blason.

Hélas ! ce cafouillage monstre lors de l’examen du BAC prouve que Kankélétigui (homme d’honneur), s’il l’est encore, n’a pas encore trouvé le bon chemin. Et lorsque la tête est malade, le corps en pâtit. Son ministre des Enseignements supérieurs devrait même, sans délais, rendre le tablier. Comme l’a fait Boubeye Maïga après la déroute de l’armée malienne à Kidal.

Après l’ère Soundjata Kéita, les valeurs morales, d’intégrité et de dignité se sont effondrées comme un château de cartes au Mali. Et c’est peu dire que ces fraudes massives sont à l’image du pays. Le mieux pour les autorités de Bamako, c’est de reprendre totalement ou partiellement l’examen du BAC car il y va de l’image du pays, déjà ternie, et de la crédibilité de ce premier diplôme universitaire.

Dabadi ZOUMBARA

12 Juin 2014

Source: lepays.bf