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La multiplication des attentats démontre que la guerre contre le terrorisme n’est pas terminée et que la situation sécuritaire demeure fragile dans toute la zone sahélo-saharienne, indique le gouvernement qui assure que des dispositions sont prises pour renforcer la sécurité sur l’ensemble du territoire national

La situation sécuritaire s’est brusquement tendue au Nord en fin de semaine avec deux attaques armées menée coup sur coup contre les forces armées et de sécurité à Kidal puis à Tombouctou. Avant ces actions criminelles, les groupes armés (Mnla, Hcua et Maa) avaient déjà fait monter la tension en annonçant jeudi que « suite aux multiples difficultés de mise en œuvre de l’accord de Ouagadougou causées notamment par le non-respect par la partie gouvernementale malienne de ses engagements, ils décidaient « de suspendre (leur) participation aux structures de mise en œuvre dudit accord.

Les trois mouvements, dans un communiqué commun, appelaient à la tenue d’une « réunion extraordinaire dans l’urgence de toutes les parties ». Dès le lendemain vendredi, le gouvernement réagissait pour apporter des précisions quant aux efforts qu’il a déjà faits pour l’application de l’Accord, par un communiqué de presse que nous publions en intégralité ci dessous.

Le même vendredi, deux hommes de la Garde nationale assurant la sécurité de l’agence de la Banque malienne de solidarité récemment ouverte à Kidal, étaient blessés dans une attaque à la grenade par des inconnus. Au moment où les condamnations de cette attaque lâche se poursuivaient, des terroristes ont frappé à Tombouctou à travers une opération suicide contre le camp militaire de Tombouctou tuant deux civils et blessant six militaires.

L’attaque suicide s’est produite samedi aux environs de 13 heures. Au moment où la population vaquait tranquillement à ses occupations, une forte déflagration a été entendue à travers toute la ville. Le bilan humain de l’opération kamikaze est de 6 morts dont deux civils et les quatre terroristes qui ont été tués sur le coup. Six soldats ont été blessés.

Les terroristes ont opéré à bord d’un véhicule 4X4 de marque Toyota de couleur kaki bourré d’explosifs. Des habitants de la ville témoignent avoir vu le véhicule circuler à vive allure sur la rocade qui mène au monument de la Flamme de la paix en traversant le marché. Puis il a brusquement pris la direction du camp militaire. Avant même que les gens qui l’on vu passé finissent de s’interroger sur le comportement anormal du véhicule, l’explosion s’est fait entendre.

La cible était bien entendu l’intérieur du camp. Fort heureusement, le véhicule a buté contre l’un des blocs de sable faisant partie du dispositif de sécurité installé à l’entrée du camp. Les deux civils tués étaient des charretiers qui sortaient du camp au moment de l’explosion. L’âne qui tirait la charrette a été également tué.

Les militaires blessés ont été admis à l’infirmerie de la garnison où ils subissent des soins. Les dégâts matériels sont énormes. La charge de l’explosion a ravagé la devanture du camp, et soufflé les portes, le plafonnage et les vitres de certains bâtiments à l’intérieur du camp. Les locaux du gouvernorat situé en face du camp et fraichement réhabilités ont aussi été touchés.

Toutes les maisons situées dans un rayon de 300 mètres ont senti le choc. Des toits se sont effondrés en partie, des portes et des fenêtres se sont envolées. Les câbles électriques qui passent devant le camp sont coupés, plongeant la ville dans le noir. Ce qui a encontre augmenté la psychose chez la population pendant la nuit. Toute la ville est sous le choc. Cette attaque terroriste intervient au moment où les déplacés et les refugiés commencent à revenir dans la ville.

L’acte kamikaze de samedi est le troisième du genre survenu à Tombouctou depuis sa libération de l’occupation des jihadistes.

Dans un communiqué, le gouvernement « condamne vigoureusement l’attentat-suicide perpétré, ce samedi 28 septembre 2013, aux environs de 13 heures, par quatre terroristes devant le camp militaire de la ville de Tombouctou ». « Ce lâche attentat, précise le communiqué s’est soldé par la mort de 6 personnes, dont deux civils et les 4 terroristes qui ont été tués sur le coup. La déflagration a entraîné d’importants dégâts matériels ».

Le gouvernement présente ses condoléances aux familles des deux civils tués dans ce lâche attentat et manifeste toute sa compassion envers les 6 soldats blessés.

Le texte souligne que cet attentat survient après celui perpétré, le vendredi dans la ville de Kidal où des inconnus avaient lancé deux grenades sur des éléments de la Garde nationale qui assuraient la sécurité de la Banque malienne de solidarité (BMS).

Le gouvernement exhorte la population à garder son calme et annonce que des dispositions sont prises pour renforcer la sécurité sur l’ensemble du territoire national. Les investigations sont en cours pour rechercher les responsables de ces actes barbares.

« La multiplication de ces attentats démontre que la guerre contre le terrorisme n’est pas terminée et que la situation sécuritaire demeure fragile dans toute la zone sahélo-saharienne. Le gouvernement de la République du Mali exhorte la communauté internationale à lui apporter toute l’assistance requise pour mettre fin à ce fléau mondial », ajoute le communiqué.

Enfin, le gouvernement précise que l’attentat suicide n’ébranlera pas sa volonté de chercher avec détermination et patience une solution définitive à la grave crise qui secoue notre pays.

M. SAYA

Amap-Tombouctou

avec la Rédaction

Essor du 30 Septembre 2013