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L’Association malienne des droits de l’homme (AMDH) vient de publier son rapport sur les violations massives des droits humains dans les régions du Nord de notre pays comme entre autres les crimes de guerre, les exactions et violences sexuelles, les pillages et meurtres en passant par l’enrôlement des enfants mineurs soldats. Selon le présent rapport, de janvier 2012 à maintenant, le MNLA, Ançar Dine et les organisations terroristes sèment la terreur et la désolation dans les trois régions occupées (Tombouctou, Gao et Kidal). C’était à la faveur d’un point de presse animé par son président, Me Moctar Mariko, le jeudi 12 juilet 2012 au siège de l’institution. Objectif : informer l’opinion publique nationale et internationale sur la situation au nord.

En raison de la mauvaise gestion des deux dernières rebellions par le général Amadou Toumani Touré, le nord du Mali est devenu un sanctuaire où florissent toutes sortes de trafics (drogues, armes, véhicules volés etc..) et où se côtoient les preneurs d’otages comme Al-Qaïda au Maghreb Islamique (branche d’AQMI), le Mouvement pour l’unité et la jihad en Afrique de l’ouest (MUJAO) et Boko Haram. Cependant, il faut noter que le Mouvement national de l’Azawad s’est transformé en mouvement national de libération de l’Azawad avec le retour en novembre 2011 de militaires Touareg recrutés comme mercenaires durant le conflit Libyen.

Il sera rejoint par certains militaires Touareg de l’armée malienne communément appelés les « intégrés » puis par d’autres groupes parmi lesquels Ançar Dine, Mouvement pour l’unité et la jihad en Afrique de l’ouest (MUJAO), Al-Qaïda au Maghreb Islamique (branche d’AQMI), Boko Haram etc. Sous le prétexte de libérer une partie du nord du Mali qu’ils ont appelée « Azawad » et qui serait la terre de leurs ancêtres, à en croire le président de l’AMDH, Me Moctar Mariko, ces groupes armés ont attaqué ensemble toutes les garnisons militaires du Mali se trouvant dans cette zone.

Ces mouvements sans distinction aucune, dira le conférencier, ont commis de nombreux crimes de guerre (exécution sommaire des prisonniers de guerre, utilisation comme boucliers humains des élèves maîtres de l’Institut de formation des maîtres (IFM) de Aguelhock), enrôlement des enfants de moins de 15 ans au sein de leurs troupes, le pillage des biens des populations civiles, des symboles de l’Etat (édifices, hôpitaux, tribunaux, mairies, écoles etc…) et des organismes et ONG internationaux d’aide.

Le présent rapport fait mention des exécutions qui ont été faites en violation des règles du droit international humanitaire dans les régions ci-dessus citées avec des témoignages concordants et fiables et formule des recommandations à l’intention des autorités compétentes en la matière.

A ce propos, ladite rencontre avec les hommes de média a été émaillée par plusieurs questions de clarification. Il s’agit notamment de la question du recours à la Cour pénale internationale (CPI) par l’AMDH, des conditions de détention du Colonel Abidine Guindo arrêté mercredi dans l’affaire des bérets rouges et de l’état de lieux des autres détenus à Kati.

En guise de réponse à ces questions, le conférencier précisera à propos du recours à la CPI que sa structure a les compétences nécessaires de saisir ladite institution sur la situation de la violation des droits humains dans notre pays. Par rapport aux conditions de détention des détenus, M. Mariko fera croire qu’ils sont entre de bonnes mains sur leur propre témoignage lors de la dernière visite de l’AMDH à Kati. Quant au Colonel Abidine Guindo, il promet de repasser très prochainement pour s’enquérir des conditions de sa détention.

Moussa Dagnoko

Le Républicain du 13 Juillet 2012