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Le continent noir, berceau de l’humanité, est toujours calfeutré dans la boue de la pauvreté malgré quelques progrès réalisés ces dernières années si l’on s’en tient au bilan à mi-parcours des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). En effet, le principe des OMD a été adopté par les Nations Unies en 2000 et le cap est fixé à 2015. Il stipulait une sensible amélioration de la situation des secteurs prioritaires.

LA PERSISTANCE DE LA FAIM ET LA PAUVRETE

L’année 2007 est une année médiane entre 2000 et 2015. Ce chemin à mi-parcours selon les Nations Unies relève que le nombre de personnes vivant en Afrique avec moins d’un dollar à faiblement diminué.
Et d’ici 2015, pour que cette situation change, il faut que la réduction de l’extrême pauvreté soit accélérée. En même temps une lenteur exaspérante persiste dans le domaine des progrès des enfants.

L’INEGALITE DANS LE GENRE

Même si le nombre de sièges parlementaires occupés par des femmes a augmenté de façon significative, passant de 7% en 1990 à 17% pour l’année en cours. La proportion de femmes qui gagnent un salaire en dehors de la culture agraire ne dépassait toujours pas un tiers de la population féminine en 2005.

LA MORTALITE INFANTILE EXTREMEMENT ELEVEE

Le taux de mortalité des moins de cinq ans est passé de 185 pour mille naissances vivantes en 1990 à 166% en 2005, ce qui ne représente qu’une fraction de l’objectif visant à une réduction de 2/3 d’ici 2015. De plus, cela représente deux fois le taux de l’ensemble du monde en développement. Seule mesure, grâce à des campagnes de vaccination massives, les cas de rougeole et les décès dus à cette maladie ont diminué de près de 75% entre 1999 et 2005 sur le continent.

LA SANTE MATERNELLE

La santé maternelle reste un scandale régional et mondial. Pour une femme d’Afrique subsaharienne, les risques de décéder de complications dues à la grossesse ou à l’accouchement sont de 1 pour 16, alors qu’ils sont de 1 pour 3800 dans les pays industrialisés.

LE SIDA ET AUTRES MALADIES

Le nombre de personnes décédant du Sida a continué d’augmenter pour atteindre deux millions en 2006. Même si les taux de prévalence se sont stabilisés, le nombre de nouveau cas, particulièrement parmi les femmes, ainsi que celui de personnes souffrant d’une infection avancée au VIH ne cesse de croître à une allure telle que les services de traitement ne peuvent suivre même quand ils passent à une vitesse supérieure. Dans le domaine de la tuberculose, rien n’indique une stabilisation de la découverte de nouveau cas.

LA DURABILITE ENVRIONNEMENTALE

Seules 42% des personnes vivant en zone rurale ont accès à une eau salubre, d’après les dernières données de 2004, et 63% de l’ensemble de la population n’ont pas accès aux installations sanitaires de base. Il s’agit d’une très légère régression par rapport à 1990 (68%) et on est loin de l’objectif visant à réduire ce pourcentage de moitié d’ici 2015.

Les changements climatiques, dont les effets se font déjà sentir, ne rendront que plus difficile la réalisation des OMD sur le continent. D’après les projections du groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat, 75 à 250 millions de personnes subiront les effets d’une augmentation du stress hydrique. Sans une préparation adéquate, l’impact pourrait en être beaucoup plus dévastateur sur les économies rurales et les moyens de subsistance des pauvres.

QUELQUES PROGRES TIMIDES

S’il est de notoriété publique que le continent est la seule région du monde où le nombre de personnes extrêmement pauvres à augmenté depuis quinze ans, on sait au moins que les pays africains ont connu des améliorations majeures dans une série de paramètres fondamentaux du développement.

Parmi ces paramètres, nous pouvons retenir les meilleures politiques économiques et l’augmentation du prix des matières premières, la croissance économique annuelle a été de près de 6% en moyenne au cours des trois dernières années. Cette croissance a touché divers pays de manière assez égale et le Fonds Monétaire International (FMI) envisage à présent un taux tendanciel à court terme frisant les 7% cette année.

En dehors de cette croissance économique, le nombre de conflits civils est à la baisse; les recettes à l’exportation ont amélioré la balance des comptes courants dans de nombreux pays et l’allègement de la dette récemment accordée a réduit les déséquilibres macro économiques dans les pays les plus pauvres; les entreprises africaines enregistrent de bons chiffres en terme d’investissement national et de gains de productivité.

Ces progrès restent fragiles car, ils sont dus en large part à un envol des prix des matières premières. Les pays africains dépendent toujours de l’exportation de quelques matières primaires et pâtissent d’un manque d’investissement publics dans l’agriculture, la santé, l’éducation et les infrastructures nécessaires pour renforcer les capacités en matière de production et d’échanges commerciaux, maintenir un taux de croissance élevé et créer des emplois.

QUELQUES REUSSITES EXEMPLAIRES

Dans toute l’Afrique, certains pays ont démontré que des progrès rapides et à grande échelle sont possibles pour atteindre les OMD lorsque de bonnes politiques et de vigoureuses impulsions gouvernementales s’ajoutent à un appui financier et technique adéquat de la part de la communauté internationale.

En voici quelques exemples récents. Parmi ces pays, on peut entre autres retenir l’exemple; du Kenya, de la Tanzanie, l’Ouganda et bien d’autres qui ont aboli les frais d’inscription dans les écoles primaires, ce qui a permis une augmentation spectaculaire de la fréquentation scolaire en l’espace de quelques années.

QUELLES SOLUTIONS POUR L’ATTEINTE DES OMD ?

Pour que notre continent atteigne les OMD d’ici l’horizon 2015, une synergie globale entre les autorités publiques; les partenaires techniques et financiers et la société civile est nécessaire pour une coordination efficiente des actions pouvant atteindre le développement.


Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

19 novembre 2007.