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Au départ, elles étaient principalement dirigées contre les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les symboles de l’Etat. Aujourd’hui, elles sont de plus en plus dirigées contre les civils, dans leurs lieux de vie ou de travail comme les marchés, les sites d’orpaillage et les champs. C’est ce qui est arrivé au Niger, le 27 juillet dernier, où une vingtaine de villageois ont été tués dans des attaques terroristes dans la région de Tillabery, à la frontière avec le Mali.  Un mois plus tôt, c’est le Burkina Faso qui vivait sa plus grande tragédie, à travers le massacre de Solhan, intervenu dans la nuit du 5 au 6 juin 2021, faisant plus d’une centaine de victimes dont des bébés et des femmes. Des chiffres effroyables qui ne sont pas sans rappeler ceux de mars 2021 où plus de 200 civils avaient été tués en une semaine dans la région de Tahoua au Niger. Non loin de la région martyre de Tillabery, dans la zone dite des trois frontières (Mali, Burkina, Niger), une centaine d’autres civils avaient déjà été massacrés en janvier de la même année, dans des attaques terroristes d’une rare violence.  Au Mali, c’est une trentaine de civils qui subissaient la folie meurtrière des forces du mal dans des villages dogons dans la zone de Bankass dans le Centre du pays, six mois plus tôt, soit en début juillet 2020. 

Les armées sont progressivement montées en puissance au point de ne plus être aujourd’hui dans la réaction

Si cette stratégie des terroristes n’est pas nouvelle, elle est peut-être symptomatique des difficultés que ces derniers éprouvent sur le terrain face aux armées des pays du G5 Sahel. En effet, ces dernières sont progressivement montées en puissance au point de ne plus être aujourd’hui dans la réaction. On en veut pour preuve les opérations de traques menées à l’intérieur des différents pays, ayant permis aux armées du Burkina et du Niger de « neutraliser » de nombreux terroristes et de détruire plusieurs de leurs bases.  C’est, par exemple, le cas actuellement dans l’Est du Burkina Faso où « l’opération épervier » encore en cours, a vu un déluge de feu s’abattre sur la tête des terroristes qui enregistrent, dans leurs rangs, plusieurs dizaines de pertes de combattants et la saisie d’un important arsenal de guerre, selon des sources sécuritaires. Pendant ce temps, au pays du Ténéré, d’autres sources annoncent la neutralisation d’une quarantaine de terroristes par l’armée nigérienne, le 11 juillet dernier, à Tchombongou, dont plusieurs cadres de l’EIGS (Etat islamique au grand Sahara). D’autres encore font état de coups sévères portés aux chefs terroristes par les alliés américains et français, à la frontière malienne. A côté de ces actions vigoureuses, il y a aussi les opérations conjointes menées de plus en plus sur le terrain, dans le but de resserrer davantage l’étau autour des forces du mal qui profitaient de la porosité des frontières pour commettre leurs basses besognes et trouver refuge de l’autre côté de la frontière. C’est ainsi qu’au mois de juin dernier, l’opération « Taanli », menée par les armées du Burkina et du Niger, a permis de neutraliser plus d’une centaine de terroristes à la frontière entre les  deux pays. 

Il importe de faire bloc derrière les Forces de défense et de sécurité

Quelques mois plus tôt, c’est à la frontière ivoirienne qu’une telle opération de « nettoyage » était initiée conjointement par les armées du Burkina et de la Côte d’Ivoire. C’est dire si sans avoir encore réussi à vaincre la pieuvre, les armées de ces pays sont sur la bonne voie. On se demande même si la peur n’est pas en train de changer de camp ; tant la nouvelle stratégie des terroristes qui consiste à s’en prendre à des cibles molles comme les populations sans défense, ressemble parfois à des actes de désespoir. Certes, cela prouve qu’ils continuent de garder toute leur capacité de nuisance. Et l’ampleur des dégâts qui prennent de plus en plus l’allure de boucherie humaine, crée d’autant plus d’émotion qu’il s’agit de populations civiles sans défense. Mais cela peut aussi être lié  à la forte pression exercée par nos armées qui ont visiblement beaucoup appris de cette guerre asymétrique imposée par l’ennemi, au point de passer aujourd’hui à l’offensive. Ce qui ne laisse pas beaucoup de choix aux terroristes que de se rabattre lâchement sur des civils, pour déverser toutes leurs frustrations, dans un combat qui est loin d’être idéologique encore moins religieux. En effet, rien qu’à en juger par les rapines de bétail et autres actes de pillages dont ils se rendent régulièrement coupables, il n’est pas difficile de se convaincre qu’il s’agit de gens sans foi ni loi, qui n’ont aucune considération pour la vie humaine qui est sacrée aux yeux de Dieu. C’est pourquoi, en plus de la forte résilience dont font déjà preuve les braves populations, il importe de faire bloc derrière les Forces de défense et de sécurité qui ne demandent que la collaboration des populations pour encore plus de résultats tangibles sur le terrain. Cela est un impératif,  si l’on veut éviter d’ajouter aux crises sécuritaire et sanitaire, une crise humanitaire encore plus dramatique si les paysans sont empêchés de travaux champêtres, comme la trentaine de civils tués en moins d’une semaine au Niger dans leurs champs, au cours desdites attaques.

 « Le Pays »