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La ville de Ségou était sous haute surveillance dans la nuit de jeudi à vendredi 16 mai.

Comment une commune comme Diabaly, dotée d’un camp militaire située en plein cœur du Mali et proche de Ségou, également dotée d’une garnison militaire peut-elle être attaquée aussi facilement par des bandes rebelles ? C’est du moins, la question qui alimente la chronique en 4e région depuis l’attaque du camp militaire de Diabaly dans la nuit du 5 au 6 mai 2008 sous la houlette du commandant déserteur, Aroune Ag Saïd.

Un peu plus d’une semaine après cette frappe qui a coûté la vie au soldat de 1re classe, Abdoulaye Ag Oulamine, un officier militaire d’un camp de Ségou, apprend-on de sources informées, aurait déserté. Cette désertion de l’officier a semé une panique générale la semaine dernière dans la capitale des Balanzan.

Pour ne pas être pris de court comme ce fut le cas à Diabaly, il a été procédé dans la nuit du 15 au 16 mai au déploiement des forces de sécurité au niveau des services publics et des bâtiments administratifs se trouvant dans la ville de Ségou.

Il s’agit notamment des hôpitaux, des banques, du gouvernorat.

Le déploiement des forces de sécurité en alerte maximum, selon nos sources, a été effectué aux environs de minuit. Néanmoins, il y a eu plus de peur que de mal car aucun incident n’a été signalé. Fausse alerte ? Difficile de le dire.


Négligence

Pourtant, révèlent nos sources, lorsque le commandant adjoint du camp militaire de Diabali a disparu, les autorités militaires et régionales ont été informées de l’imminence d’une attaque à Diabali.

Tous les indices le prouvaient. Mais toujours selon nos sources, les autorités militaires et régionales ont fait preuve de négligence. Un doigt accusateur est pointé sur le chef de la zone de Ségou qui serait abrité derrière l’insuffisance de moyens matériels (véhicules) pour ne pas envoyer des renforts à Diabali afin de parer au danger.

En charge du gouverneur qui doit veiller à la sécurité de la région, nos sources retiennent le manque d’anticipation d’autant plus qu’il dispose d’un système de renseignements sécuritaires.

A Ségou, il se dit de plus en plus que le manque de véhicules ne saurait être une excuse pour Abou Sow pour la simple raison qu’il dispose du pouvoir de réquisition des voitures de l’administration et des particuliers pour des besoins d’intérêt général.

Pourquoi n’a-t-il pas mis en œuvre le pouvoir de réquisition des véhicules ? Nos tentatives pour rencontrer le gouverneur Sow au moment de notre passage ont été vaines. Il nous a été signifié qu’il était avec le président de la République dans sa région.

La situation est loin d’être calme en ce sens que dans la nuit de dimanche à lundi 12 mai, la ville d’Ansongo a été pilonnée par des rebelles sans aucune résistance. Ils ont emporté des armements de la gendarmerie et s’emparer d’un véhicule de la Satom. Le camp d’Aguelhok, dans la région de Kidal, avait lui aussi été attaqué le 6 mai 2008.

Mohamed Daou

22 Mai 2008