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Les évènements au Nord-Mali, considérés toujours comme une rébellion par l’opinion nationale et internationale, ne sont en réalité que des actes de banditisme purs et simples.

Les attaques perpétrées, le samedi dernier, dans la partie septentrionale de notre pays contre un convoi de ravitaillement de l’armée nationale, vient comme pour accréditer la thèse selon laquelle la “rébellion au Nord“, n’est en fait qu’une Organisation du crime. Qu’on ne s’y trompe plus.

En effet, le 3 avril 2008, un convoi de ravitaillement de l’armée a été attaqué sur l’axe Aguel Hock – Tessalit. Cette action criminelle serait l’œuvre d’un nouveau groupe, dirigé par Egless Ag Ifoune, le comptable du PDRK, reconverti dans le banditisme, au début du mois d’avril dernier. Il sera rejoint par une dizaine d’hommes, aux ordres, semble-t-il, d’un ancien député de Tessalit.

Les deux hommes projetaient, il y a de cela quelques semaines, la création d’un nouveau Mouvement, indépendant de celui de Ibrahim Ag Bahanga.

Jusqu’ici, la seule motivation de Egless qu’il fera connaître avant et après sa première attaque, au mois de mars, contre la garnison de Aguel Hock, est qu’il voulait, lui aussi « avoir de l’argent comme Bahanga » par voie de banditisme. Les deux compères qui étaient jusqu’ici, réputés narcotrafiquants, constituent un groupe, auteur, avant-hier, d’une autre attaque contre Aguel Hock.

A Aguel Hock, les bandits, en l’espace de deux mois, signent leur deuxième attaque criminelle.

C’est dire que cette localité, à l’instar de Tizawaten, revêt un intérêt stratégique pour des individus dont l’appartenance à des réseaux de trafic est connue par tout Kidal. Depuis le début de la crise, ces deux localités n’ont cessé d’être les cibles de bandits armés. Mais grâce à une forte présence militaire autour de ces zones, les malfrats ont toujours échoué dans leur tentative de prises d’otages.

Par ailleurs, l’attaque du convoi de ravitaillement semble avoir une tout autre motivation. En effet, retranchés depuis des mois dans les montagnes, les bandits éprouvent actuellement d’énormes difficultés de ravitaillement. L’armée quadrille toute la zone et occupe les principaux axes de contrebande.

Coupés ainsi de leurs traditionnels canaux de ravitaillement en vivres et armes, les brigands sont affamés.

Par conséquent, leurs attaques semblent s’orienter plus vers des « objectifs alimentaires » que militaires. D’où cette attaque, le samedi, contre le convoi de ravitaillement (en vivres) de l’Armée ou encore celle, dirigée contre Diabaly (située en zone Office du Niger), dans la région de Ségou.

Au sujet de cette attaque du mardi 6 avril contre Diabaly, elle était dirigée par le commandant de compagnie, un capitaine intégré qui signe ainsi sa désertion. Elle a eu lieu, alors que des renforts avaient quitté cette localité pour Nampala où depuis quelques jours, des bandits préparaient déjà une autre attaque, selon une source militaire. Finalement, les bandits ont changé leur plan.

A Diabaly, selon nos sources, les éléments des forces armées et de sécurité ont organisé la défense du camp et ont vivement riposté à l’attaque. Les assaillants, après l’échec de leur tentative de prendre le contrôle de la garnison militaire, ont dû abandonner la partie.
A partir de la localité frontalière de la Mauritanie, ils se sont repliés vers ce pays, alors qu’ils étaient pris en chasse par des éléments de l’Armée.


Parole de Bahanga

Depuis quelque temps, l’apatride est à l’origine des troubles au nord-est de Kidal. Ibrahim Ag Bahanga, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a, dès samedi, indiqué qu’il n’était pas mêlé aux récents actes de banditisme et n’avait rien à voir avec leurs auteurs.

Le chef de gang qu’il est, a affirmé qu’il reste fidèle à son engagement pris le mois d’avril dernier à Tripoli, celui « d’observer un cessez le feu ».
Les événements sur le terrain incitent à le croire. Mais, l’on sait l’homme imprévisible, versatile et enclin à perpétrer des coups fourrés.

Cependant, quelque chose pourrait bien amener Bahanga à se retenir de reprendre de si tôt les armes contre de paisibles citoyens. L’on se rappelle qu’il y a un mois, il a subi un terrible choc psychologique, suite au dernier bombardement de ses positions par l’aviation. Puis son engagement pris, à Tripoli. Engagement auquel Bahanga entend rester fidèle.

Le chef de bande a subi, en effet, un sérieux revers lorsqu’il avait voulu tendre une embuscade contre un convoi de l’Armée entre Anefis et Tessalit.

A l’issue de cette frappe aérienne, menée par les hélicoptères de l’Armée, le bilan des pertes en hommes et en matériels du côté des bandits, était lourd.

Au regard de tant de pertes subies, difficile d’imaginer Bahanga et sa bande, refaire surface de si tôt. S’y ajoute que cette bande qui avait renforcé ses rangs avec le recrutement de mercenaires, a presque été décimée.
Ibrahim Bahanga, chercherait-t-il à réorganiser sa troupe ? Selon certaines sources, oui. Le chef de bande, par stratégie, joue à gagner du temps.

Seulement, le renforcement du dispositif militaire est tel, en ce moment, qu’il ne peut facilement se décider à entreprendre une nouvelle aventure qui pourrait lui être fatale.

En effet, malgré leur volonté d’éviter au pays une effusion de sang, les autorités maliennes, conformément à leur devoir d’assurer la défense de l’intégrité du terroir national, ont procédé au renforcement du dispositif militaire partout au nord.

Cette mesure, au-delà de son caractère dissuasif, est une réponse claire à Bahanga et à ses commanditaires, qui veulent voir, l’Armée quitter certaines localités du pays. Une revendication qui, au demeurant, n’a d’autre objectif que de permettre aux réseaux maffieux, de se livrer au banditisme et au trafic en tous genres, le long de la frontière entre le Mali, le Niger, l’Algérie et la Mauritanie.


CH Sylla

08 Mai 2008