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La Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques, regroupant plusieurs organisations internationales, a publié au Mali, à travers Save The Children, avec la collaboration de Cluster Education, a publié son Rapport 2020-2021, intitulé « Attaques contre l’éducation : profil du Mali ». C’était le vendredi 17 juin 2022, à l’Hôtel Mandé. Médias, organisations éducatives, O.N.G. ont pris part à cette rencontre, aux côtés du directeur de développement programme de Save The Children, Souleymane Touré ; du présentateur du rapport, Honoré Kabamba ; et Harouna Traoré du parlement des enfants du Mali.

Il ressort de la situation globale du rapport que les attaques contre l’éducation et l’utilisation militaire des écoles ont augmenté d’un tiers en 2020 par rapport à 2019, et sont restées au même rythme en 2021 qu’en 2020. Selon le rapport, les incidences les plus élevées d’attaques contre des écoles ont été enregistrées au Mali, en République démocratique du Congo (RDC), au Myanmar et en Palestine. Par ailleurs, le rapport précise qu’à l’échelle mondiale, les incidents d’utilisation militaire d’écoles et d’universités ont plus que doublé en 2020 et 2021 par rapport à 2018 et 2019, passant à plus de 570 incidents. Il détaille que des filles et des femmes auraient été ciblées en raison de leur genre lors d’attaques contre l’éducation dans au moins 11 pays.

Honoré a axé la présentation de son rapport sur trois points majeurs : les attaques contre les infrastructures, contre les enseignants et l’utilisation des infrastructures par les groupes armées. Au Mali, indique le rapport, les attaques contre les écoles ont été marquées en 2020 /2021 par l’extension des combats dans certaines régions du sud du Mali ; l’aggravation de la situation avec l’apparition de la pandémie de Covid-19 faisant plus de 400 000 Maliens déplacés et 46 000 réfugiés; plus de 7,1 millions de Maliens, dont 3,9 millions d’enfants dans le besoin d’aide humanitaire en 2021; l’aggravation des attaques directes contre l’éducation et l’insécurité générale qui ont gravement affecté l’éducation . En fin août 2021, ajoute le récit, plus de 1 664 écoles étaient fermées en raison de l’insécurité, affectant 499 200 enfants ; les régions les plus touchées par les fermetures d’écoles étaient la région de Mopti, où 44% des écoles n’étaient pas opérationnelles en août 2021, Ménaka, Kidal, Gao et Tombouctou. « Entre 2020 et 2021, le GCPEA a identifié au moins 18 incidents d’attaques contre des enseignants et le personnel scolaire à travers les médias et des organisations internationales », a indiqué le conférencier.

Des recommandations fortes ont été formulées par le rapport. Il s’agit d’adopter l’avant-proposition de loi portant protection des écoles pendant les conflits armés en République du Mali initiée par le comité national SSD depuis 2021; disséminer la déclaration sur la sécurité dans les écoles; surveiller et signaler les attaques contre l’éducation à travers le renforcement des capacités des acteurs institutionnels et communautaires sur le MRM ; renforcer les offres d’éducation alternatives pour garantir l’accès au plus grand nombre d’enfants affectés par les conflits.

Avant la présentation, le directeur de développement programme de Save The Children, Souleymane Touré, a indiqué qu’il s’agit d’attirer à travers ce rapport, les décideurs et tous les autres acteurs de l’éducation au Mali pour œuvrer ensemble contre les attaques des écoles et universités à travers une mise en œuvre efficiente de la déclaration sur la sécurité dans les écoles maliennes.

Hadama B. FOFANA

Source: Le Républicain