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On le sait, le Niger, dans son ensemble, est dans le viseur des groupes terroristes depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Mais la colère des fous de Dieu semble s’abattre sur une région du pays en particulier. Vous l’avez compris. Il s’agit de la région de Tillabéri. En effet, rien que le lundi 15 mars dernier, une trentaine de villageois y ont été massacrés par des terroristes alors qu’ils revenaient d’un marché. Et ce massacre intervient après bien d’autres dans la même région. Le 2 janvier dernier, par exemple, deux attaques meurtrières y ont entraîné la mort  d’une centaine de personnes. Notons que ce massacre s’est opéré au même moment que la proclamation des résultats du 1er tour de l’élection présidentielle du 27 décembre. Le 21 décembre, à six jours de la présidentielle,  7 soldats y  avaient été tués. L’on  se rappelle enfin que c’est dans cette région que l’armée nigérienne avait subi ses plus lourdes pertes avec 89 soldats tués. C’était en début d’année 2020. Bref, la  liste macabre est longue si fait que l’on peut légitimement se poser la question de savoir si le Niger n’est pas en train de perdre la  région de Tillabéri. En tout cas, cette région mérite un traitement de choc de la part du nouveau président élu, c’est-à-dire Mohamed Bazoum. Car, l’on peut avoir l’impression que les attaques dans  cette région se distinguent des autres par non seulement leur caractère osé, mais aussi par le nombre massif de victimes. L’attaque de ce lundi a fait une trentaine de morts ; tous sont d’innocents villageois qui se déplaçaient à bord d’un camion. Et elle a eu lieu alors que le Niger est en train de vivre pratiquement les derniers instants de l’ère Mahamadou Issoufou avant d’entamer celle Bazoum. C’est donc un Niger en transition, peut-on dire, qui vient d’enregistrer l’une des attaques les plus meurtrières depuis la victoire de Mohamed Bazoum. 

Au-delà de Tillabéri,  c’est toute la région du triangle de la mort qui mérite d’être traitée au vitriol

Ce dernier sait mieux que quiconque que Tillabéri rime avec attaques terroristes meurtrières et récurrentes pour avoir été dans un passé récent, l’un des patrons de l’appareil sécuritaire du pays. D’ailleurs, pendant la campagne, il a promis à ses compatriotes, s’il est élu, d’améliorer la situation sécuritaire du pays. Maintenant que c’est chose faite, on attend de lui qu’il traduise sa promesse en actes. Au-delà de Tillabéri qui passe pour être le ventre mou de la lutte contre le terrorisme au Sahel, c’est toute la région du triangle de la mort qui mérite d’être traitée au vitriol pour autant que l’on veuille véritablement bouter les terroristes hors du Sahel africain. Et ce qui vient de se passer au Mali entre djihadistes  et chasseurs dozos, ne permet pas d’être optimiste. En effet, une rencontre a eu lieu dimanche dernier, près de Niono. D’un côté, une centaine de chasseurs traditionnels dozos, de l’autre des djihadistes de la Katiba Macina. Les terroristes sont repartis de cette rencontre avec l’autorisation d’entrer dans les villages pour prêcher. Ces genres de compromis ne sont pas loin de la compromission. En tout cas, ce n’est pas de cette manière que l’on peut desserrer véritablement l’étau des djihadistes autour du Sahel africain. C’est pourquoi il convient que tous les pays de cet espace meurtri, s’accordent sur la manière dont la problématique terroriste doit être traitée. Et cela sonne comme un impératif absolu au moment où, de plus en plus, l’on parle de négociations avec les groupes terroristes aussi bien à Bamako qu’à Ouagadougou. En tout cas, la question mérite une réponse claire de la part des dirigeants des trois pays concernés. Et s’il y a une personnalité qui attend au plus vite cette réponse, c’est, sans conteste, le nouveau patron de la Minusma, le Mauritanien El Ghassim Wane.

Pousdem PICKOU

Source: Lepays.bf