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Neuf militaires maliens tués (officiel) : c’est le bilan d’une attaque qui a visé le poste militaire de Nampala samedi et aussitôt revendiquée par Ibrahim Ag Bahanga. L’Accord d’Alger peine à son chemin de Damas dans le guêpier du Nord-Mali, l’Etat est plus que jamais interpellé sur la sécurité des personnes et des biens.

La nouvelle est tombée samedi comme un couperet, coupant le souffle à plus d’un Malien : la garnison militaire malienne de Nampala à la frontière avec la Mauritanie a été la cible d’un groupe de rebelles touaregs du chef rebelle Ibrahim Ag Bahanga, à en croire Radio France internationale (RFI).

Cette station étrangère, citant les sources de son correspondant local, Serge Daniel, a fait état de 20 militaires maliens tués et de nombreux civils. Ces habitants, victimes innocentes de cette attaque meurtrière, auraient été pris pour des militaires déguisés en civils, ajoute RFI.

Le communiqué, rendu public samedi soir par le ministère de la Défense et des Anciens combattants, avance le chiffre de 9 militaires tués, 11 blessés dans les rangs de l’armée et « 12 bandits tués et beaucoup de blessés ». A en croire les sources gouvernementales qui utilisent le mot « bandits », les assaillants seraient des combattants liés à de bandes de narcotrafiquants.

A Kayes pour l’ouverture de la Biennale artistique et culturelle, ATT, informé de la triste nouvelle, a réaffirmé l’indivisibilité du pays tout en qualifiant l’attaque de « provocation ». Si les propos du chef de l’Etat rassurent, il est plus que jamais temps que l’Etat assume ses responsabilités en engageant un dialogue franc et responsable avec les « bandits », en prenant les mesures idoines pour sécuriser les populations civiles.

En effet, de mémoire de Malien, l’agression du camp de Nampala est la plus sanglante attaque dans laquelle des populations civiles ont été la cible depuis le 23 mai 2006. Qu’est-ce qui a bien pu motiver cette attaque ? S’agit-il de forcer le gouvernement à aller à la table de négociation ou aux « bandits » de faire passer la drogue ? Rien n’est sûr, mais Ibrahim Ag Bahanga avait toujours réclamé à défaut d’un départ, un allégement du dispositif militaire dans la région de Kidal.

Le dialogue entre les autorités et le mouvement rebelle serait au point mort. En tous les cas, le Rassemblement pour le Mali (RPM) avait, il y a une semaine, dénoncé la rupture du dialogue et un chroniqueur malien à son tour, s’étonnait dans nos colonnes que l’Etat malien ne puisse mettre à profit la période de trêve observée jusqu’à l’attaque de samedi pour élaborer et mettre en œuvre de véritables projets de développement dans la partie septentrionale du pays.

Quoi qu’il en soit, l’attaque de Nampala vient donner un coup de massue à l’Accord d’Alger, supposé apporter la paix au Nord et au pays en général.


Denis Koné

22 Décembre 2008