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Plusieurs jeunes Bamakois ont manifesté hier devant le siège du Parlement pour réclamer l’arrestation et la traduction en justice des chefs rebelles Ibrahim Ag Bahanga et Fagaga. C’est la première fois qu’à lieu un tel rassemblement depuis l’attaque et la destruction d’une base de la rébellion par l’armée malienne.

Plusieurs manifestants, des jeunes en majorité du Collectif libre des jeunes de Bamako, ont occupé jeudi matin, pendant une demi-heure environ, la devanture de l’Assemblée nationale. Là-bas, ils ont tenu un meeting et manifesté aux cris de « Mort à Bahanga », « Mort à Fagaga », « Vive l’armée malienne ».

Par cette manifestation, ces jeunes, qui se réclament du Front africain pour le développement (Fad), un parti politique panafricaniste en gestation, entendaient condamner les attaques au nord de bandits armés dirigés par les chefs rebelles Ibrahim Ag Bahanga et Fagaga.

Dans leur déclaration, dont une copie a été transmise au bureau de l’Assemblée nationale, les jeunes manifestants de jeudi se félicitent de la nouvelle stratégie adoptée par le président de la République dans la gestion de la crise au nord. Ils « encouragent le gouvernement à faire preuve de fermeté vis-à-vis de tous ceux qui violent l’intégrité du territoire national ».

Ils ont rendu hommage à tous les soldats qui sont tombés sur le champ de l’honneur. Ils ont surtout émis le souhait de voir Bahanga et Fagaga ainsi que leurs complices arrêtés et traduits devant des juridictions compétentes.

Le 8 juin dernier lors de la célébration de l’An I de son second mandat, le président Amadou Toumani Touré, évoquant cette épineuse question du Nord, avait indiqué que l’armée malienne allait répondre au coup pour coup. Le chef de l’Etat avait ajouté que l’Accord d’Alger, signé le 6 juillet 2006 entre le gouvernement et l’Alliance démocratique du 23-Mai pour le changement dans la capitale algérienne, restait le seul cadre légal de négociation.

« Celui qui n’est pas dans cet accord était considéré comme un bandit et sera traité comme tel » avait dit le président ATT. Ces déclarations du chef de l’Etat faisaient suite à une opération menée par l’armée malienne contre une base de Bahanga à Tin-Essalek. Cette attaque avait fait, selon un communiqué du ministère de la Défense, une vingtaine de rebelles tués, plusieurs autres faits prisonniers, la destruction de leur dépôt de carburant et des matériels de guerre récupérés.

Selon notre confrère « Le Malien » dans son édition de jeudi, Ibrahim Ag Bahanga aurait été tué au cours de l’attaque de Tin-Essalek (information non encore confirmée par les autorités maliennes). En tout état de cause, la manifestation des jeunes devant le Parlement traduit en réalité le ras-le-bol de nombreux, sinon de la majorité des Maliens, quant à l’attitude du gouvernement en particulier du président de la République face à cette crise qui perdure.


Denis Koné

13 Juin 2008