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Dans la matinée du 11 septembre 2013, un échange de tirs a opposé un groupe armé à une patrouille de l’armée malienne dans le cercle de Léré, secteur proche de la frontière mauritanienne. Face à l’offensive des forces régulières, les assaillants se sont repliés en Mauritanie qui semble leur servir de base arrière.

Ces accrochages sont intervenus après que la patrouille de l’armée ait essuyé des tirs qui ont fait «trois blessés», selon des sources militaires. Ces tirs venaient d’un groupe armé errant dans ce secteur où plusieurs cas de banditisme ont été signalés ces derniers temps par les populations. Il y a une semaine, des informations ont fait état de l’assassinat de cinq peulhs par dans individus armés dans le même cercle. Cette agression succédait à une série d’actes de pillages dans des villages du nord du pays, rendant nécessaire la mise en œuvre d’une mesure urgente de sécurisation de ces zones reculées des centres urbains.

«Cette patrouille a été entreprise dans le cadre des opérations de sécurisation des poches de banditisme dans le nord» a expliqué la direction de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa). «Les populations ont signalé de multiples cas d’agressions et le commandement a jugé nécessaire de renforcer la sécurité afin que les élections législatives puissent [bien] se tenir», assure le lieutenant-colonel Souleymane Maïga.

Selon des médias étrangers, le Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) a reconnu que ces «combattants » faisaient partie des assaillants. Quand aux forces armées maliennes, elles soulignent que le secteur dans lequel cet accrochage s’est déroulé ne fait nullement partie des sites retenus pour le cantonnement des groupes armés contrairement aux affirmations du groupe armé. «Pour nous, ce n’est pas le Mnla ; même si c’est le cas, ils [ses combattants, Ndlr] sont en parfaite illégalité», a indiqué le lieutenant-colonel Maïga.

Selon nos informations, les assaillants se sont repliés sur la Mauritanie en emportant leurs blessés (et probablement des morts), rendant ainsi impossible le dénombrement des victimes de cette attaque.

Cette action est hélas un mode de procédé habituel de ces groupements armés qui sévissent au nord de notre pays. A noter que la zone des combats a été le fief d’une katiba d’Al Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) durant des années. «Nous avons arrêté une dizaine de personnes qui seront traduites devant la justice. Ils ont été pris les armes à la main», assure la Dirpa.

Personne n’a oublié qu’aux termes d’un accord signé le 18 juin dernier à Ouagadougou entre le gouvernement malien et la rébellion touareg, les groupes armés du nord du pays doivent être cantonnés dans la région de Kidal. Ce cantonnement, selon ledit accord, est le prélude à un processus de désarmement qui doit être effectif avec la signature d’un accord définitif avec les nouvelles autorités de notre pays.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 13 Septembre 2013