Partager

Depuis l’attaque de la rébellion sur Abéïbara les langues se délient. Les concertations se multiplient à l’état-major des armées pour situer les défaillances d’un système de défense. Certains accusent la hiérarchie d’une négligence, du retard dans l’exécution des problèmes posés.

De l’attaque du 23 Mai 2006 jusque-là, celle d’Abéïbara fut la plus sanglante. Si du côté gouvernemental l’on a parlé de 15 morts, les réalités sont tout autre.

Cette opération de Bahanga a créé une véritable consternation au sein de la population. Les rebelles ont montré de part cette attaque qu’ils peuvent continuer de violer des accords signés.

Cette attaque a dépassé la limite d’une rébellion qui s’était illustrée jusqu’ici par des attaques et des enlèvements de bétailles et de véhicule. L’homme a montré qu’il faut se détromper de ce qu’on pense de lui. Il ne s’agit pas d’un simple berger, d’un simple trafiquant ou tout autre délinquant.
Les moyens utilisés par ce chef rebelle dépassent tout entendement.

Celui qui est arrivé à décimer tout un camp et à enlever un nombre important de soldats n’est plus un vulgaire individu. Mais la hiérarchie militaire devrait se rendre compte de cette situation après ce qui s’était passé à Tinzawaten.

Il a posé des mines en empêchant les forces de l’ordre de s’approvisionner de vivre. Il a fallu l’aide américaine pour que ces éléments aient la vie sauve. Dès lors, une autre surprise serait mal venue et difficile à comprendre.

Le chef suprême des armées ne disait-il pas un jour, “je connais la guerre, je sais ce que c’est que la guerre…”. De là chacun a compris que la situation connaîtrait un dénouement heureux et que du moins la violence ne ferait pas encore surface.

Mais hélas Bahanga a toujours montré que nos autorités se sont toujours trompées. C’est cette gestion laxiste solitaire et calamiteuse qui a toujours donné les coudées franches à la rébellion.

Quel est le rôle du président du comité de suivi des accords d’Alger quand les accords sont tout le temps violés par Bahanga et ses hommes ?
A quoi a servi un PC Opérationnel à Kidal s’il n’est pas capable de surveiller et de secourir les Communes qui sont sur son territoire ?

Selon certaines sources, les rebelles étaient mieux armés que les forces de sécurité. A en croire ces sources Abéïbara ne disposent pas d’armes de guerre moderne. Ces mêmes sources ont indiqué qu’avant l’attaque du camp d’Abéïbara, la hiérarchie militaire avait été informée du mouvement des rebelles.

Ces sources poursuivent que le renfort qui avait été demandé n’a pu se rendre à temps. D’ailleurs Ménaka qui est plus loin d’Abéïbara est arrivé avant les éléments de Kidal.

La gestion solidaire : un handicap

Aujourd’hui, force est de constater que la gestion solitaire du problème du Nord ne permet pas une synergie d’action. En 1991, tous les partis politiques sans exclusive, les associations s’étaient mobilisées derrière le pouvoir en place.

De la sensibilisation jusqu’à la réinsertion des ex-combattants, le pouvoir avait su mobiliser toutes les forces vives de la nation. Cela a abouti a la paix d’où une flamme de la paix.

Cette fois-ci, il faut reconnaître que le pouvoir ATT a écarté les autres composantes de la nation de la gestion de cette crise. Depuis son éclatement certains ont été considérés comme des “oiseaux de mauvais augure” sinon des va-t-en-guerre.

D’autres ont été stoppés dans leurs initiatives de concertation pour arriver à la paix. Pour des opportunistes, les flagorneurs du régime tous ces gens cherchent à se faire une image.

Du coup, ils ont brisé l’élan patriotique qui devrait être le vecteur mobilisateur de toutes les énergies. La rébellion n’est pas une affaire de la seule armée, elle est une affaire de toute la nation malienne. Le premier responsable s’en est rendu compte lors de son périple à travers l’intérieur du pays et après l’attaque de Diabaly.

Il faut reconnaître que cette gestion solitaire a même joué sur la morale des hommes de troupe. Dans la hiérarchie, chacun a peur de prendre seule une responsabilité même face à des situations difficiles. Il faut toujours se référer à ses chefs comme le dicte le Commandement militaire.

Et, par là, personne ne peut donner l’ordre. Entre temps, les rebelles continuent de faire du mal. La lenteur dans les prises de décisions, dans les actions, vont énormément jouer contre l’Etat. Le réveil des associations toutes les initiatives allant vers la paix doivent être accueilli et encouragé.

Fakara Faïnké

29 Mai 2008