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Le mercredi dernier, au soir, un Tunisien, sans que l’on sache encore pourquoi, a jeté un explosif sur l’ambassade de France à Bamako et tiré avec une arme de poing.L’insécurité et l’impunité sont là. L’insécurité est la résultante des choix politiques du général président ATT. Les récents changements dans les commandements au nord sont des options favorisant l’insécurité. Ce sont des anciens rebelles qui sont armés et positionnés.

Il fallait s’y attendre ! Le communiqué laconique et exagérément réducteur du gouvernement ne change rien à l’affaire : le Mali monte d’un cran. L’attaque de l’ambassade de France, le mercredi soir, par « un étranger » vient révéler toute notre légèreté.

Pas plus tard que le lundi, le quotidien français « Le Monde » faisait sa « une » sur le Mali, le narcotrafic et les connexions en haut lieu dans l’affaire de l’avion « Air Cocaïne ». Tout le monde s’attendait à des réactions de nos autorités après des accusations aussi graves et précises.

Mais, rien, un silence lourd, que seul vient perturber cet attentat contre l’ambassade de France à Bamako, attentat qui a quand même, d’après le communiqué officiel, blessé deux pauvres passants.
Le discours officiel a toujours consisté à dire que le Mali n’est en rien impliqué dans les fléaux du trafic de drogue, et de la prise d’otages. Le président ATT, vite relayé par ses ministres, a ressassé à souhait cette maxime.

Les prises d’otages qui ont lieu ailleurs et qui se dénouent toujours au palais de Koulouba dans les applaudissements et les accolades ne trompent plus et cachent difficilement les malaises des Maliens, assumant vaillamment le titre de grands voyageurs, de candidats à l’exode clandestin, mais mal à l’aise avec des tares de narco pays, ou pis de pays dans lequel se commettent des attentats.

Un Far West en puissance

Certes, les Maliens sont religieux, mais ils vivent pour Dieu et ne font pas de Dieu un fonds de commerce comme cela se constate chez tous ceux qui commettent l’extrême en son nom.

WikiLeaks l’avait dit, la réticence du président ATT viendrait peut être du fait que sa troupe n’est pas à hauteur de mission ? En tout cas, selon tous les récits de témoins de l’événement devant l’ambassade de France, ce sont des passants qui ont maîtrisé le fou de Dieu, les forces de l’ordre qui étaient là ayant détalé comme des lapins ! Dieu nous sauve !

Les prises d’otages se dénouent chez nous, les armes, la drogue s’échangent et traversent notre pays. Mais, les attentats, maintenant, ont lieu chez nous. ATT doit donc revoir son discours et sa politique. S’il a toujours présenté le Mali comme étranger et victime, maintenant nous sommes en plein dedans.

Les autorités peinent à trouver une réponse adéquate aux attaques et menaces, transformant notre pays en Far West, pays de non droit, dans lequel, pour une broutille, n’importe qui peut venir se faire justice.

Alexis Kalambry

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Le film des événements selon des témoins

Les premiers témoins qui ont vu la scène sont incapables de dire quand est arrivé l’homme, « un Blanc » (en fait un Tunisien, selon les autorités). « Il y a eu une déflagration, nous avons vu les policiers fuir. Ceux qui ont vu les policiers leur ont emboité le pas pendant que d’autres cherchaient à comprendre ce qui se passait. C’est un pousse-pousse qui a maîtrisé le forcené qui tirait avec un pistolet ».

A. K.

07 Janvier 2011.