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Le directeur national du trésor et de la comptabilité publique, Abacar Alhousseyni Touré et le payeur général du trésor, Ibrahim Cissé ont en effet été remplacés lors du dernier Conseil des ministres (le 8 juillet 2009) respectivement par mme Sidibé Zamilatou Cissé et Boubacar Ben Bouillé, tous deux Inspecteurs des services économiques.

Ces changements qui interviennent moins d’un mois seulement après l’interpellation du gouvernement par les élus de la nation sur la question de la tension de trésorerie au Mali constituent-ils une sanction ou un changement de cap ? Pour le cas de l’ancien directeur national du trésor et de la comptabilité publique qui préside désormais la Commission de régulation des marchés publics, on peut fort en douter.

Mais quant au cas de l’ancien payeur général du trésor au centre de certaines accusations d’ailleurs pendantes devant la justice malienne, son départ ressemblerait fort à une sanction déguisée selon certaines sources proches de ce service financier de l’Etat.

Les élus de la Nation, inquiets de cette situation, n’avaient-ils pas d’ailleurs clairement dit au ministre de l’Economie et des finances, Sanoussi Touré que «l’Etat du Mali est malade, car le trésor est malade».

Tout en demandant au même ministre de tout mettre en œuvre pour que la tension de trésorerie trouve une solution, l’un des députés, ancien premier ministre de son état et non moins président d’un parti de la mouvance présidentielle a clairement affirmé que «la situation est grave ; et si elle n’est pas réglée, c’est la crédibilité même de l’Etat qui est entamée». Quant à l’opposition parlementaire, son souci était de savoir s’il est encore réaliste de croire à un taux de croissance économique de 7 % sur l’année en cours ; si le déficit budgétaire de l’Etat est toujours soutenable pour l’Etat.

L’opposition a en outre tenu à connaître le montant réel des arriérés de paiement du trésor au 31 mai 2008 et surtout la solution envisagée par le gouvernement pour apurer rapidement les arriérés de paiements accumulés par le trésor public.

Autant de préoccupations qui ont été unanimement exprimées par les élus de la Nation qui, dans un rapport sur la tension de trésorerie présenté par la Commission des finances dressait un tableau sombre de l’état des finances au Mali. Il ressort en effet dudit rapport que «en décembre 2008, les impayés étaient de l’ordre du 145,7 milliards de F Cfa. Au 31 mai 2009, ils sont estimés à 104 milliards environ». Des révélations qui confirment les inquiétudes de l’opposition depuis des mois et qui apportent un démenti cinglant aux propos du président de la République qui voulait minimiser l’ampleur de la dette intérieure du Mali.

Le tout nouveau ministre de l’Economie et des finances, Sanoussi Touré en bon technocrate a vite compris les préoccupations des élus de la Nation.

C’est d’ailleurs le sens de ces changements qui viennent d’intervenir à la tête du trésor public. Un changement de cap qui va certainement juguler la crise de trésorerie et qui permettra à coups sûrs de ramener la confiance entre l’Etat et ses partenaires.

Birama Fall

Le Républicain du 10 Juillet 2009.