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La parole est malaisée et dangereuse et le silence négatif et aliénant dit un dicton mandingue na été aussi vrai que dans les discours directs du président Amadou Touré à l’endroit de son peuple. Au Mali, pendant des millénaires, seuls les sages avaient le droit de parler. La parole était devenue sacrée.

A ce propos, Hampathé Ba écrivait : apprends à couvrir la nudité matérielle des hommes avant de couvrir par la parole leur nudité morale. Il y a dans notre culture des paroles pour grand public, et d’autres pour l’entourage. Comme on dit chez nous qui presse le pas est pressé de parler et dans la précipitation on dit le plus souvent des paroles blessantes. C’est la bouche qui est le délateur.

Un homme d’état est plein de secrets. Il est insondable. Son intérieur est un cadenas dont la langue est la clef. Lorsque le président de la République fait des adresses à la nation, il fait des révélations fracassantes qui font parfois entorse à son serment d’officier militaire. A-t-il bien réfléchi avant de déclarer sur les antennes de RFI : «personne n’est venu me chercher le 26 mars 1991 pour perpétrer un coup d’état contre Moussa Traoré».

Son appartenance à l’armée, ancien commandant de la garde présidentielle, chef du bataillon parachutiste et ancien officier de l’école de guerre de Paris font de lui une bibliothèque pour la nation malienne.
Pour des raisons de secrets d’état, les chefs militaires doivent interdire publiquement la parole à ATT. Moussa Traoré na jamais fait de révélations sur le coup d’état du 19 novembre 1968.

(Ni i dèsèra) si tu as échoué, cela ne signifie pas qu’il faut tout dire. A bon entendeur salut.


Fatou Touré

14 avril 2008.