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ATT à la barre pour haute trahison. C’est une lettre du Procureur général de la Cour suprême qui déclenche la procédure par une saisine de l’Assemblée nationale. La haute trahison est une faute qui a la particularité de nécessiter une collaboration des élus du peuple et des magistrats. La procédure implique aussi bien pour l’initiative de la poursuite, que pour le chapeau des responsabilités, des hautes autorités du pays. Dans ce genre de dossier, la justice aura-t-elle les mains libres ? Qu’en sera-t-il pour les Premier-ministres successifs d’ATT, les présidents successifs de l’Assemblée nationale, et les présidents des autres institutions de la République ? Qu’en sera-t-il des anciens membres des gouvernements ATT ?

A l’Assemblée nationale, il n’y a aucune trace de motion de censure ni de question orale, de question écrite ou d’interpellation du gouvernement sur les questions faisant l’objet d’une pluie d’infractions contre président déchu. Quand l’Etat s’effondrait où étaient l’Assemblée nationale et les députés. Où était IBK au moment où Aqmi s’installait dans le désert malien et prenait des otages ? Qu’a fait IBK président de l’Assemblée nationale et IBK député simplement?

On note par ailleurs que la lettre du Procureur général a ignoré superbement la question d’Air Cocaïne. Après la plainte du Procureur général pour haute trahison, qui va porter plainte pour les fautes et infractions liées à Air Cocaïne et les trafics de drogue en général ?

Nous ne sommes pas en train de soutenir qu’ATT est blanc comme neige, encore moins le dédouaner, mais c’est une évidence qu’il ne peut pas être seul tenu responsable de la situation querellée. Nous devons poser les vraies questions : où étaient les autres institutions, les contre-pouvoirs (particulièrement l’Assemblée nationale dont l’un des rôles est le contrôle de l’action gouvernementale) les partis politiques, la société civile ?

B. Daou

Le Républicain du 30 Décembre 2013