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Au moins sur deux dossiers, la session parlementaire en cours aurait dû être la plus importante de la mandature. D’abord le fameux code de la famille envoyé en relecture par le président de la République à l’Assemblée nationale et que les élus omirent d’examiner lors de la session précédente.

jpg_att-16.jpg Ensuite le projet de révision constitutionnelle qui n’était pas planifié pour cette session mais qui aurait dû l’être. Le bon sens le voulant ainsi pour qu’avant même la campagne référendaire, les députés puissent le partager en intersaison avec leurs bases, histoire d’éviter la grosse couleuvre du code de la famille. Ont-ils maintenant le temps et ou le coeur pour l’un et l’autre de ces projets ?

Le vote du code a laissé des séquelles et aux élus quelqu’amertume. Nul doute qu’ils se saisiront de ce dossier sans la belle unanimité et l’enthousiasme avec lequel ils votèrent le projet qui leur sera refilé comme une patate chaude.

Et s’ils se surpassent sur le plan mental, il faudra alors voir dans quelle mesure les nouveaux droits n’auront pas été broyés par la mécanique désormais en marche du fait majoritaire musulman. La révision constitutionnelle ? S’il existe un projet, il a été tenu très secret. La probabilité est qu’il n’y en ait pas. Ce qui rend très tangente la révision constitutionnelle annoncée après les réflexions de la Commission Daba Diawara.

Donc la session en cours pourrait bien décevoir pour ce qui est du dossier du code et de la constitution. Peut-être faudra t-il attendre la session d’octobre avec les mêmes risques de faible appropriation que le code car le temps, manifestement, fait défaut. Et le bouquet serait que le président applique son discours du 22 septembre dernier.

A ce moment là, le fichier électoral qui servira au référendum sera issu des résultats du Ravec dont le travail de recensement finit en juillet prochain. Le temps d’en extraire un fichier électoral acceptable et accepté des parties prenantes, nous serons déjà en 2011. Le premier trimestre de cette année, passe encore.

Le second trimestre sera déjà la ligne rouge. En attendant que les indéfectibles amitiés se défassent et que les rats quittent le navire, c’est le temps qui abandonne le président. Or en démocratie, on ne compte pas les arrêts de jeu. Dur !

Adam Thiam

Le Républicain du 08 Avril 2010.