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La campagne pour l’élection présidentielle sera officiellement ouverte, à vingt et un jours de la tenue du premier tour prévu pour le 29 avril. Mais, trente trois jours de cette date, la scène malienne est déjà en proie en une effervescence politique sous-tendue par de grandes manœuvres avec, à la clé, la formation et la mise en place des deux blocs, l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) et le Front pour Démocratie et la République (FDR) les meetings, les conférences de presse.

Mais, du côté du président sortant, dont la candidature est un secret de polichinelle, l’on est en campagne déjà depuis de longs mois, voire depuis des années. Et, au fur et à mesure qu’on s’approche de l’échéance fatidique du 29 avril, inaugurations, lancements de travaux, premiers coups de pioche, coupures de ruban symbolique se succèdent à un rythme effréné, voire frénétique. Comme si le locataire de Koulouba prenait les Maliens pour des sujets hautement sensitifs, qu’on peut éblouir par de simples tours de passe-passe.

Ce faisant, il vole la vedette, plutôt la politesse à son Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga, à ses ministres, aux maires et même aux chefs de villages et de quartiers. Car de l’inauguration de la borne fontaine de Tienfala à celle du pont de Kankéla dans le cercle de Kolondiéba au premier coup de pioche de la bretelle Djéli sur la route Ségou-Mopti, la plantation du premier poteau électrique à Touba, ATT est toujours là.

Pour lui, rien n’est trop petit. Il empiète sur les plates-bandes de ses collaborateurs, des plus grands aux plus petits. Finalement, il les met tous au chômage technique. Ce n’est un secret pour personne que son ex-Premier ministre, Ahmed Mohamed Ag Hamani, était choqué par ses incessantes intrusions dans ses domaines de compétence. L’actuel Premier ministre doit partager le même sentiment. Même s’il ne peut pas l’exprimer pour des raisons fort compréhensibles.

Il reste qu’en étant au four et au moulin, le président sortant s’est placé dans une logique de campagne permanente et d’appropriation abusive des médias d’Etat, de l’ORTM, en particulier, qui est devenu la chose d’ATT. Au point que la CENI a mis en garde contre l’ouverture prématurée de la campagne électorale par ATT et ses hommes, avec comme conséquence un envahissement du petit écran.

Mais Sidiki Konaté n’en a cure qui continue à faire couvrir abusivement le moindre déplacement du prince du jour et à accorder de très larges plages dans les programmes de l’ORTM à de petites associations de soutien qui ne drainent pas plus de trois personnes.

Question : peut-on encore arrêter la machine infernale ATT lancée à plein régime ? Il est permis d’en douter.

Yaya SIDIBE

07 mars 2007.