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Telle est l’expression consacrée, depuis les temps immémoriaux pour établir la vérité d’un fait, la valeur d’une chose. “Vox populi, vox dei” est ce qui convient le mieux au plébiscite, pour la troisième fois, du Président de la République, Amadou Toumani Touré, qui entame aujourd’hui un sécond mandat à la tête du Mali.

ATT a été plébiscité en mars 1991 après la chute du Général Moussa Traoré dont il fut le principal artisan, car, c’est l’ensemble des fils du Mali qui a souscrit à ce qu’il reste à la tête Comité Transition pour le Salut du Peuple (CRSP), organe transitoire qui a géré la destinée du grand Mali avant les élections générales de 1992.

A cette date, conforme à ses engagements, ATT remettait le pouvoir aux civiles par l’entremise d’Alpha Oumar Konaré premier Président élu démocratiquement en République du Mali. Et ce fut “In hic Signo Vinces” : “Tu vaincras par ce signe”.

Comme en témoigne l’appel de pied de la classe politique malienne, à l’époque en ébullition, lui priant de venir une fois de plus au sécours du Mali qui frôlait l’irréparable suite à des dissensions profondes au double plan politique et social. Tous les politiciens maliens s’accordent à le dire, même ses adversaires les plus vurlents.

Le héros du 26 mars 1991, devenu par la suite grand médiateur international doublé d’un vigoureux humanitaire, ne savait que c’est par ce signe là, le fait de rendre le pouvoir aux civiles, contrairement à d’autres militaires putchistes, que le destin allait lui propulser au devant de la scène.

Mais en 2002, quant il fut question de son retour aux affaires, ATT, qui connaissait rien d’autre que le métier d’arme, hésita longtemps avant de céder à la sollicitation de la classe politique dans son ensemble, et d’une majorité du peuple malien. Candidat indépendant qu’il était, il fut élu en 2002, Président de la République du Mali. Le second ATT signait donc son retour aux affaires comme le voudraient les maliens.

Le 08 juin 2002, le 08 juin 2007, voilà cinq ans, jour pour jour, que le Président de la République, Amadou Toumani Touré régnait à la destinée du pays avec une nouvelle trouvaille traduite dans le consensus qu’il a pu instaurer et non imposer.

Ce qui aura permis au Mali et aux Maliens de vivre en paix de dans la plus grande stabilité, tout en permettant au monde entier d’assister à l’inédit sur le plan politique dans ce pays pauvre de l’Afrique subsaharienne. Une belle leçon de démocratie aux grandes démocraties !

Les travaux herculiens abattus au cours de ces cinq ans se passent de tout commentaire au risque d’en faire une chanson. Des logements sociaux à la construction des routes, en passant par les aménagements hydro-agricoles et des efforts immenses, déployés dans le domaine sanitaire et du bien-être social, rien n’a été laissé en reste.

Le 29 avril dernier encore, le peuple malien était sollicité pour élire un nouveau président de la République. ATT, président sortant, était candidat à sa propre succession. De quoi rendre la tâche plus facile aux millions d’électeurs maliens.

Là encore, le score fut sans appel : ATT passe dès le premier tour du scrutin avec plus de 70% de suffrages exprimés. Le peuple malien faisait donc appel au héros du 26 mars 1991 pour la troisième fois.

C’est donc à la célébration de cette victoire populaire que les Maliens sont appelés aujourd’hui à l’investiture du président de la République, Amadou Toumani Touré, lequel sera renvoyé à ses fonctions à l’instant même pour les cinq prochaines années.

Adama S DIALLO

08 juin 2007.