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Le général ATT a hérité d’un pays cité en exemple, pauvre mais menant une vie tranquille, avec des ambitions de développement claires, connues et partagées de tous. Dans quel état est-il maintenant ?

Une blague circule à Bamako ces temps-ci, la voici : « Une semaine avant ATT-II, nous avions la liberté, une vie tranquille, la quiétude, l’électricité… Une semaine après ATT-II, plus rien de tout cela ! ».

Au-delà de la blague, sans dire que nous avions un visage édénique, il est quand même connu de tout que le Mali était un havre de paix.

Avec l’arrivée d’ATT-II, comme à l’unisson, tous les problèmes ont surgi : ceux qu’on tentait d’étouffer (crise énergétique…) et ceux qu’on a occasionné (  » affaire maîtresse », arrestation de Dr. Kéita…) et ceux que la nature nous a réservés (retard des pluies).

Le général-président s’est présenté comme le candidat du « Parti de la demande sociale ». Cela implique, dans l’imaginaire commun, qu’il voulait s’attaquer aux problèmes sociaux, du plus grand nombre tout au moins.

Mais, depuis ATT-II, on ne sait plus à quel saint se vouer, surtout qu’il y en a même plus dans le petit landernau politique taillé sur mesure et carrément dédié aux louanges du tout puissant prince du jour.

Le pain est cher. Quelle solution économique a-t-on trouvé ? Diminuer la baquette qui était supposée être d’un kilo et qui, nous l’apprenons à cette occasion, n’a jamais dépassé les 800 g. Le sucre, le riz, le lait sont devenus inabordables pour les militants de la demande sociale.

Les réponses sont laconiques : « la hausse est liée au cours mondial ». Un cours que nous découvrons subitement alors que, de tout temps, des systèmes de péréquations existent théoriquement et au moment où il y a le besoin, personne ne s’en souvient. L’autre solution, ce sont les exonérations qui sont accordées en ce moment à ceux qui sauront en faire profiter autres que les nécessiteux et autres militants de la demande sociale.

Les Français, récemment, ont beaucoup parlé des vacances chèrement payées de leur président. Au moins savaient-ils qu’il en prenait et à quel prix. Au Mali, on sait juste qu’ATT a pris ses vacances, là où ce luxe n’est pas à la portée de toutes les bourses. Qui paye ? Etait-ce opportun en ces temps de disette ?

Ainsi découvrons-nous notre président, en Néron.

Alexis Kalambry

23 août 2007.