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Le changement auquel aspirent les Maliens, jusqu’à preuve de contraire, n’est toujours pas effectif. Le plus inquiétant est que les actions posées jusqu’ici par le Président IBK laissent difficilement présager un lendemain meilleur pour nos concitoyens. Loin de nous la prétention de comparer dans la présente analyse deux hommes qui d’ailleurs sont diamétralement opposés à tout point de vue. Il s’agit plutôt de confronter deux systèmes ou du moins deux régimes certes différents dans la forme, mais pratiquement semblables dans le fond. D’où la question de savoir quelle différence entre IBK et ATT aujourd’hui pour les maliens, tout en sachant bien sûr qu’il appartient au premier de prouver de par ses actes cette différence.

L’on reprochait à ATT sa gestion latitudinaire de la situation du Nord ; IBK donne aujourd’hui l’impression de vouloir emprunter le même chemin. L’on reprochait l’instrumentalisation de la justice par ATT pour des fins politiques ; pareille pour IBK. Et le comble de l’ironie pour des raisons diplomatiques en plus. La preuve : ATT collaborait, au nom du consensus politique et pour ses intérêts personnels, avec des personnes de tout acabit ; IBK lui, au nom d’un fallacieux accord dit de Ouagadougou et pour faire plaisir à Hollande, accepte sur les listes de son parti des personnes poursuivies pour crimes et exactions. ATT utilisait toujours les rapports du Vegal pour se faire de nouvelles allégeances politiques, pendant qu’avec IBK ces rapports restent dans le tiroir semble-t-il pour des raisons particulières (si l’on s’en tient aux informations qui circulent en ce qui concerne la non publication du dernier rapport du vérificateur général). ATT protégeait contre la justice des amis généraux soupçonnés de toutes sortes de trafics ; tandis qu’IBK octroie un statut d’ancien Président à un général au moment même où la justice décide d’entendre ce dernier.

L’on reprochait au président ATT d’avoir hypothéqué nos ressources minières et pétrolières par le biais d’un code minier attractif pour les investisseurs mais destructif pour les populations locales ; Tandis qu’avec IBK le business du dépouillement de nos ressources minières et pétrolières continue bon train avec le même code minier et même des journées célébrées en grande pompe avec comme stewards des membres du gouvernement et autres officiels.

L’on reprochait à ATT d’avoir vendu le Mali et les maliens avec à Kadhafi en un moment ou la France y tenait le plus ; IBK laisse cette même France dicter sa loi à Kidal pendant que le MNLA prend de plus en plus de galons.
Que dire de la corruption, de l’impunité, du chômage, du népotisme, de la cherté de la vie, de l’accès aux soins de santé, de la question foncière et domaniale, de la situation de l’école ? Rien à dire…sauf que les statistiques de l’ère ATT demeurent toujours d’actualité.

De tout ce qui précède, il en ressort : une évidence (ATT=ATT et IBK=IBK d’un point de vue individuel), une réalité (ATT=IBK quant à la situation contemporaine des maliens ainsi qu’à la gestion actuelle du pays) et enfin une opportunité (celle dont IBK a pour démontrer aux maliens pendant les 5 prochaines années qu’il est différent de son prédécesseur et qu’ils ne regretteront pas de l’avoir plébiscité). D’ici là, et en attendant des actes et actions concrets susceptibles de réconforter le changement auquel nous aspirons, qu’il nous soit permis l’expression suivante : rien n’a encore changé…même si le discours officiel tente de nous faire gober qu’il faut que ça change, que ça doit changer et que ça va changer !

FOUSSEYNI MAIGA

Le Flambeau du 20 Novembre 2013