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Ibrahim Boubacar Keita a l’obligation d’être candidat en 2007, même s’il n’est pas sûr de l’emporter, entend-on dire dans son entourage. A ce duo, il faudrait ajouter l’ancien locataire de Koulouba. En affirmant, sur les ondes de RFI le lundi 03 juin 2006, qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession à la tête de la commission de l’Union Africaine, des observateurs estiment d’Alpha Oumar Konaré aurait des ambitions pour signer son retour au Mali. Et la signature du Manifeste pour la Démocratie serait en rapport avec ce retour possible. Alors si le tiercé était candidat, voici les forces en présence.

D’abord l’actuel président de la République, en sa qualité de militaire de formation (même s’il a abandonné le treillis au profit de la politique), a dû, sous la Transition, apprendre beaucoup de choses. Par la même occasion, il a aligné derrière lui une véritable armada d’admirateurs. Il est parmi les acteurs dont le comportement a consolidé notre démocratie. En effet, il fut le premier militaire qui, après avoir réalisé son putsch contre le Général Moussa Traoré, a accepté de remettre le pouvoir aux civils. S’il avait besoin de rester, il avait les moyens de changer la constitution, mais ne l’a pas fait. Il est retourné constitutionnellement en 2002. Ce qui explique aussi que la tenue n’est pas contraire à la consolidation de la démocratie. D’ailleurs, il est adulé par tous, à commencer par les enfants, ses amis fidèles qui sont l’avenir de notre pays. Amadou Toumani Touré, parallèlement à cette amitié des enfants, est un bon orateur manipulant l’humour.

Dans sa gestion du pouvoir, le style ATT est séduisant et convaincant. Etant le seul président qui parle trois langues ( le bamanan, le sonrhaï et le peul) il a créé la différence avec ses prédesseurs en s’attaquant directement aux problèmes des populations. Son bilan est appréciable, après 4 ans seulement de gestion. On ne saurait lui dénier le vaste chantier de désenclavement du pays, la réalisation des logements sociaux, la création d’emplois, la réalisation d’infrastructures hospitalières, la gratuité de la césarienne, l’intauration d’un climat politique apaisé…Il a prouvé qu’on n’a pas besoin d’être bardé de grands diplômes pour être chef d’Etat. Ronald Reagan n’a t-il pas été président des USA? Et pourtant, il était acteur de cinéma.

En plus de son humour, ATT est un bon travailleur. Il a l’amour de ce pays.

Les atouts qu’ATT possède sont nombreux. On se rappelle qu’un confrère du Sénégal a voulu savoir si ATT ne se sentait pas plus utile au moment où il assurait des médiations au Centrafrique et ailleurs qu’en tant que Président de la République.

Quant au Président de L’Assemblée Nationale, Président du Rassemblement Pour le Mali, il a des atouts. Il fut Premier ministre pendant six ans sous Alpha Oumar Konaré . Pendant cette période, il a acquis de nombreuses expériences en matière de politique. Par ailleurs, IBK a le soutien de toute une famille politique. Même si ça ne va pas trop entre lui et les autres en ce moment, le Président de l’AN a de bonnes cartes entre les mains pour se voir à Koulouba en 2007. A en croire un confrère de la place, le Mandé dans son ensemble serait derrière IBK. Ceci est un atout non négligeable. Des centaines de femmes viennent récemment d’adhérer au parti du Tisserand. Il est à la tête d’un parti composé de véritables fourmis politiques capables de réussir là où on estime la cause perdue. A preuve, ses amis avaient su inculquer dans la tête des Maliens qu’IBK a été trahi par Alpha et l’ADEMA.

C’est ce qui lui a valu l’aura de 2002. Il semble qu’il soit en train d’utiliser le même argument pour récupérer la même audience dans la perspective de 2007. Il va jusqu’à dire qu’on lui a volé sa victoire en 2002. Arriverait-il à garder intact son parti jusqu’aux élections générales prochaines?

Pour ce qui concerne le cas de l’actuel président de la Commission de l’Union Africaine, on lui prête des intentions pour la tête du pays après les dix ans. Même si rien ne dit jusqu’ici qu’AOK est candidat aux présidentielles de 2007. Mais rien non plus ne l’en empêche, constitutionnellement parlant. S’il est partant en tout cas, le Président de la Commission de l’UA sèmerait le trouble sur l’échiquier politique national. En effet, selon certains observateurs, Alpha et l’Adéma ont échoué de 1992 à 2002 parce que :

1°) ils n’ont fait que diviser les partis, les associations, les familles et même le pays;

2°) Ils ont humilié les cadres parce que ceux-ci n’étaient pas Adéma. La plupart des Directeurs nationaux ou des sociétés et d’entreprises d’etat rélevés pour mauvaise gestion l’ont été par la suite blanchis par la justice et l’Etat n’a rien gagné;

3°) le peuple n’était pas leur préoccupation dans la mesure où ils se sont lancés dans de grandes théories, oubliant la demande du peuple.Historiquement on sait qu’avec un mandat les chefs d’Etats africains s’ouvrent toutes les portes possibles. Les Maliens ont-ils déjà oublié leurs mésaventures sous l’Adéma pour que certains amis d’Alpha préparent le retour de celui-ci au pouvoir maintenant?

Goudia KONATÉ

5 juillet 2006