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Le devoir de rendre compte, de parler des acquis, des succès engrangés, des difficultés rencontrées et des ambitions nouvelles sont à l’origine de cette conférence de presse.

Plusieurs questions importantes ont été abordées : agriculture, emploi des jeunes, lutte contre la corruption et la délinquance financière, éducation, santé, recherche pétrolière, télécommunication, adduction d’eau… Seul le problème du coton malien a été occulté.

Pour rappel, dans son programme de société, le Président de la République avait, en 2002, mis l’accent sur le développement durable de notre pays, phase transitoire pour le mieux être des populations.

Dans la gestion des affaires publiques, selon le Chef de l’Etat, il faut de temps en temps, s’arrêter, rendre compte, mesurer les difficultés, lever les équivoques, tracer un bilan et présenter les financements réalisés.

Notre pays a été confronté aux difficultés endogènes et exogènes qui ont entravé son élan économique prometteur. A titre d’exemple, ATT a cité pêle-mêle la crise ivoirienne (plus de 70% des marchandises maliennes transitaient par le port d’Abidjan), la baisse des 2/3 des recettes douanières, la chute des cours du dollar, la flambée des prix du pétrole, la sécheresse et la crise acridienne.

Mais ces difficultés n’ont empêché l’Etat de faire face aux dépenses. Pour ATT, l’augmentation de la grille salariale a entraîné une dépense supplémentaire de 10,5 milliards de Fcfa.

Au-delà des crises et handicaps naturels de développement, le Chef de l’Etat a affirmé que l’aide publique au développement qui était de 97,1 milliards de Fcfa en 2003, a chuté à 34,300 milliards de Fcfa en 2004 soit une baisse plus de 30 milliards de nos francs.

Concernant l’expérience inédite de gestion consensuelle du pouvoir, le locataire de Koulouba a dit qu’elle a porté ses fruits puisqu’il en est résulté une stabilité intérieure et une paix sociale avec la cohabitation d’une sensibilité politique et apolitique avant d’ajouter que le cadre tracé a toujours respecté l’identité des collaborateurs.

C’est pourquoi ATT a martelé : “La gestion consensuelle n’est pas une camisole de force encore moins une figure imposée. Si la camisole devient lourde, il faut s’en débarrasser”.

Relations ATT – partis politiques

Le problème du coton malien a été occulté par ATT et les intervenants (Issa Doumbia chargé de choisir les journalistes devant intervenir a encore fait des victimes en refusant de donner la parole à des confrères obligeant Sissouma Conseiller à la communication de la présidence et ATT lui-même à opérer des choix) à telle enseigne qu’on s’est demandé si l’or blanc fait vivre réellement 3 millions de Maliens.

Après cette brève parenthèse, il faut dire que les questions des journalistes s’articulaient autour de la corruption et de la délinquance financière, du sport malien, de la pauvreté au Mali, de l’unanimisme politique, du remaniement ministériel…

Par rapport à la corruption et la délinquance financière, le Président de la République a dit qu’il a fallu du temps pour mettre en place des structures. Mais il s’est empressé d’ajouter : “Le Vérificateur Général m’a dit que tout est fin prêt. Je suis donc serein”.

Toutefois, ATT a fait savoir que le dernier mot revient à la justice de notre pays qui doit être compétente et sincère. “A un moment ou un autre, la balle sera dans leur camp” a-t-il renchéri. En matière de justice, ATT est formel : “Il y a une fuite de responsabilité”

Si, concernant la famine qui menace notre pays ATT a indiqué que le gouvernement a donné feu vert aux opérateurs d’importer 60 00 tonnes de riz exonorés de toutes taxes, pour les casses du 27 mars, il a affirmé que l’irresponsabilité et la provocation gratuite étaient manifestes.

Par rapport à la défaite contre le Togo, des supporters étaient déçus, a-t-il dit, après une forte médiatisation du match et vu la qualité des joueurs maliens. Cependant, le Chef de l’Etat a déploré que des bars soient installés entre deux familles ou près des lieux de culte.

Toute chose qui ne favorise pas la paix sociale. “Retroussons nos manches, il nous faut une Coupe d’Afrique” a-t-il fait savoir volontiers. Puis arrive la question sur l’unanimisme politique et le probable remaniement ministériel, que nombre de confrères et invités attendaient.

Le pays va mal, l’unanimisme a montré ses limites, alors se dirige t-on vers un remaniement ministériel ?
La réponse d’ATT à cette question est claire : <>.

ATT est d’autant plus sûr de ce qu’il dit qu’il a donné l’exemple d’une homme politique africain qui est allé le voir et lui demander comment il a fait pour qu’IBK, Tall, Choguel et autres embouchent la même trompette.

A ce sujet, ATT a posé cette question aux journalistes : “Y a-t-il une gouvernance consensuelle “made in Mali” ?

Auparavant, il avait dit que sa plus grande déception n’est pas le 27 mars, mais deux saisons d’hivernage manquées. “C’est ce qui m’a touché” a-t-il précisé, moralement visiblement atteint.

Issiaka SIDIBÉ

09 juin 2005