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« Je prendrai personnellement en main le dossier Initiative Riz  »

Face à la très faible mobilisation des banques pour le financement de « l’Initiative Riz « , estimé à plus de 42 milliards de FCFA et au retard accusé dans l’acheminement des semences et des intrants agricoles, faisant peser une menace sur la réussite de l’opération, dont l’objectif est de produire 1,6 million de tonnes de riz paddy, soit un million de tonnes de riz marchand, le président de la République, Amadou Toumani Touré, a déclaré qu’il «prendra personnellement les dossiers en main pour accélérer le processus».

Il a fait cette révélation, dimanche 6 juillet, dans le village de Soninkégny (cercle de Kati) où il s’était rendu pour le lancement de la campagne agricole 2008-2009 couplée à la sixième édition de la journée du paysan.

Ce que les banques font dans le cadre du financement de l’Initiative riz est paradoxal. Elles affirment toutes qu’elles soutiennent « l’Initiative« , mais si on leur demande de financer, ces mêmes institutions financières exigent des garanties introuvables.

Et pourtant, l’Etat détient des actions dans le capital de la plupart d’entre elles. Je prendrai personnellement le dossier en main en réunissant autour de moi, dans les jours à venir, toutes les banques concernées, les opérateurs économiques et les départements impliqués.

D’ailleurs, sur le même sujet les ministères concernés ne parlent plus le même langage. Je mettrai fin à tout cela. Personne ne sortira de mon bureau tant qu’il n’ y a pas eu un compromis par rapport au démarrage effectif de l’Initiative par l’approvisionnement des producteurs en semences et en engrais ».

C’est sur ce ton de fermété que le président de la République, Amadou Toumani Touré, a répondu aux nombreuses sollicitations et inquiétudes du monde paysan par rapport au retard accusé dans leur approvisionnement en engrais et en semences et la subvention des intrants par les banques pour le démarrage effectif de « l’Initiative Riz ».

Ces propos ont été tenus par le président ATT dans le village de Soninkegny, situé dans la commune Kambila, cercle de Kati, à 35 km de Bamako.

Le président ATT, dans le cadre de cette journée paysanne était entouré de producteurs agricoles avec à leur tête Bakary Togola, président de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture du Mali (APCAM) des membres du gouvernement dont le ministre de l’Agriculture, Tiémoko Sangaré, le ministre de l’Elevage et de la Pêche, Mme Diallo Madeleine Ba et celui de l’Environnement de l’Assainissement, Aghattam Ag Allhassane.

Cette journée paysanne est une occasion idoine d’échanges directs entre le président de la République, les agriculteurs et les éleveurs. A cet égard, les paysans ont exprimé leurs préoccupations par rapport à la concrétisation de l’Initiative riz.

Laquelle est une réponse structurelle du gouvernement Modibo Sidibé pour faire face à la crise actuelle du riz par la production, pour la campagne agricole 2008-2009, de 1,6 million de tonnes de paddy, soit 1 million de tonnes de riz marchand.

Cette production doit couvrir les besoins de consommation interne et permettre de dégager un excédent de 100 000 tonnes de riz marchand.

C’est le représentant des producteurs de l’Office du Niger, Abdoulaye Daou, qui a tiré la sonnette d’alarme. « L’initiative riz est salutaire et nous adhérons pleinement à ce projet. Mais, il faut que toutes les parties respectent leurs engagements.

Car en ce moment précis, les semences, les engrais et les subventions annoncées ne sont pas encore une réalité. Si toutes ces conditions ne sont pas réunies d’ici à la fin de ce mois, le doute planerait forcément quant à la réussite du projet« , a-t-il prévenu.

Ainsi, le représentant des producteurs de l’Office du Niger a invité le président de la République à s’impliquer personnellement pour débloquer la situation.

Le président de la République s’est dit conscient des difficultés auxquelles l’Initiative Riz est confrontée et a donné l’assurance aux paysans qu’il s’impliquera pour lui trouver une issue heureuse.

Intervenant à son tour, le président de l’APCAM a souligné que le retard accusé dans l’approvisionnement des semences est dû à la montée du prix du baril de pétrole. Avant de lancer officiellement la campagne, ATT a procédé à la remise symbolique de matériels agricoles à certains paysans de Macina, à l’Association féminine de Soninkégny.

Il a, par ailleurs, visité des stands de semences, un petit barrage d’irrigation situé dans le même village.

Kassoum THERA, Envoyé spécial

08 Juillet 2008