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‘’Nous avons déploré près de 40 morts côté armée et plus du côté des assaillants à l’issue de l’attaque d’Abeibara. L’armée malienne ne pardonnera jamais ce qui s’est passé à Abeibara ».


Les propos ont été tenus par le président de la République lors de la traditionnelle conférence de presse du 8 juin, dans la salle des banquets du palais de Koulouba. Un déclic comme quoi plus rien ne sera désormais comme avant dans la gestion de cette douloureuse et confuse situation qui prévaut au septentrion de notre pays ?

L’embarras, l’exaspération voire la colère difficilement contenus derrière ces aveux présidentiels incitent à croire qu’Amadou Toumani Touré est déterminé à changer le fusil d’épaule. Les bandits armés, a-t-il constaté ‘’font la navette entre les médiateurs pour nous distraire.

Tantôt, c’est la Libye. Tantôt, c’est l’Algérie. Maintenant, ils parlent même de réfugiés maliens au Burkina Faso, histoire de donner une certaine envergure à la crise, selon toujours ATT. Qui révèle en outre que sur les 18 points de l’Accord d’Alger :‘nous avons appliqué déjà 15.

Il est facile de dire que l’Accord n’est pas appliqué. C’est un prétexte. Fagaga et Bahanga sont à leur 4ème et 5ème désertions des rangs de l’armée nationale. Ils ne respectent pas les accords d’Alger ». Et ATT d’avertir, ‘’ tout ce qui n’est pas dans l’accord d’Alger, je le considère comme un bandit et partout où il se trouve, on le traque ».

Parlant sur l’assassinat du commandant Cheik N’Barka, ATT oriente ses pistes d’accusations vers Bahanga. Car selon lui, le commandant Cheik N’Barka s’était porté volontaire pour aller chercher les blessés après l’attaque de Tinzawatten sous la coupe du Cicr.

Après avoir enlevé les blessés, à quelques Kilomètres de la ville de Kidal, des hommes de Bahanga ont encerclé le commandant N’Barka et lui ont ordonné de leur livrer les éléments légèrement atteints. Ce que celui-ci naturellement a refusé. Cet incident, aux dires de ATT, est un antécédent qui aura pollué les relations entre les deux hommes.

Ce qui fait dire au président ATT que Bahanga ne doit pas être étranger à l’assassinat du commandant N’Barka. Toutefois, le président a tenu à affirmer que des enquêtes seront ouvertes pour situer les responsabilités. Le locataire de Koulouba a encore regretté que des trafics de toutes sortes se passent dans le nord de Kidal. Mais des consignes ont été données à l’armée. ‘L’intégrité du territoire sera défendue », a-t-il dit.

Dans tous les cas, c’est la paix qu’ATT prêche ‘’Il faut donner une chance à la paix. Car on ne peut pas développer cette partie du pays sans la paix. L’un des gisements d’uranium le plus important du continent vient d’être découvert au Mali, dans la région de Kidal…il nous faut coûte que coûte la paix » a-t-il conclu.


Alassane H MAIGA

09 Juin 2008