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“Je crois que jamais les partis politiques n’ont connu autant de promotion que maintenant. Au niveau de l’Assemblée nationale, la vingtaine de députés issus de l’opposition porte la réplique la plus constructive à la majorité que nous appelons ici Alliance pour la démocratie et le progrès proche du président de la République. C’est dire que j’entretiens d’excellentes relations avec les partis de l’opposition. Et aujourd’hui je n’ai même pas de parti politique à leur opposer”. C’est en ces termes que se confessait le président de la République Amadou Toumani Touré dans une interview récente accordée au quotidien sénégalais “Wal Fadjiri”.

Suivons le guide. Par promotion, il entend le financement public accordé aux partis politiques. Dans son esprit, cette année encore cette aide sera accordée à titre exceptionnel puisque l’écrasante majorité des partis politiques, aux dires de la section des comptes de la Cour suprême, n’ont pas répondu aux critères d’éligibilité.

De là à faire croire à la charité du chef, il y a un flou que le président veut savamment entretenir et de toute façon cette subvention est inscrite en lettres d’or dans la charte des partis politiques.

Parmi eux, il y a des partis de l’opposition tout comme de la majorité. Est-ce la meilleure façon de leur rendre service que de les promener sur la place publique ?

On se rappelle que l’opposition avait tapé du poing sur la table à la lecture de la liste des cinq partis politiques habilités à recevoir le financement public cette année.

Autant dire que l’écrasante majorité des amis d’ATT lui-même étaient menacés de disette et que, d’une manière ou d’une autre, le président était obligé de leur venir en aide.

Par d’excellentes relations avec les partis membres de l’opposition, il faut entendre les initiatives prises par le FDR pour trouver une solution à la crise du Nord.

Sur ce chapitre ATT a dit à nos confrères sénégalais que l’opposition lui a fait des propositions pertinentes dans le cadre de la gestion et de la compréhension des problèmes du Nord.

Il compte saisir cette opportunité pour travailler, a-t-il dit, avec des gens qu’il connaît personnellement. Mais de quoi se plaint-il lorsqu’il assure qu’il n’est pas partisan et qu’il n’a pas de parti politique ? Et surtout qu’il n’a pas de parti politique à opposer à l’opposition politique.

Il n’est pas seul, il le sait, puisqu’il a été réélu grâce au soutien d’une quarantaine de formations politiques. Et à l’Assemblée nationale, il est soutenu par une armada de députés qui veulent écraser ceux de l’opposition.

Avec tout ça peut-on dire que les relations du président avec ses opposants sont au beau fixe, si ce n’est que je t’aime, moi non plus ?

Il faut croire désormais que la belle époque du consensus est à jamais révolue et que chacun mérite sa place dans le jeu démocratique.

Mamadou Lamine Doumbia

22 février 2008.