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Livrés à l’opinion internationale par le président du Sénégal, Macky Sall : ATT et Lobbo quittent précipitamment l’Ambassade du Sénégal à Bamako

Pour échapper à une arrestation par la police militaire qui avait fini par localiser sa cache à l’ACI 2000, dans une villa où il avait enregistré sa déclaration de renoncement au pouvoir, ATT et sa femme Lobbo sont devenus des sans domicile fixe (Sdf) qui errent d’un lieu à un autre pour trouver où passer une ou deux nuits. C’est ainsi qu’ils sont arrivés à la Résidence de l‘Ambassade du Sénégal où ils ont passé deux nuits et qu’ils ont dû quitter précipitamment, dès que le président de la République du Sénégal, en visite en France, a révélé qu’ils se cachaient dans sa représentation diplomatique à Bamako.

C’est une triste fin de règne pour ATT, obligé de trimballer la charmante Lobbo d’un coin à un autre de Bamako, dans une vie de clandestinité parfaite, pour trouver où se réfugier afin d’échapper aux chasseurs de têtes lâchés par la junte à leurs trousses.

Pourtant, un deal semblait de mise entre les responsables du Cnrdre et ATT car il est impossible que Sanogo et sa troupe ne puissent savoir que le président déchu se la coulait douce dans une grande villa de l’Aci 2000, en pleine capitale. Selon des sources dignes de foi, il était rassuré, sur intervention de la Cedeao et de quelques puissances occidentales, de ne pas être inquiété. Le plaidoyer du ministre Burkinabé représentant le Médiateur de la Cedeao, Blaise Compaoré, était très clair à ce sujet, après la signature de l’accord-cadre de sortie de crise : «Que l’on permette maintenant au président Amadou Toumani Touré de pouvoir rentrer chez lui, à la résidence de son choix».

Au fil des jours, un cercle de fidèles commençait à se former autour du fuyard le plus célèbre du Mali. Les visites d’amis et proches et même de certains responsables politiques commençaient à devenir fréquentes, mais inquiétantes pour la junte qui soupçonnait déjà que quelque chose se tramait certainement derrière ce regroupement qui se constituait dans la clandestinité. Les accusations portées sur certains des proches et amis d’ATT arrêtés par le Cnrdre dans le cadre d’une vaste opération commando démarrée lundi, est la preuve que le Cnrdre épiait les faits et gestes d’une part non négligeable d’entre eux.

Toujours est-il que, lorsque la vague d’arrestations a commencé, et au vu des gens arrêtés en premier lieu, ATT et son épouse ont senti le sol se dérober sous leurs pieds et ne pouvaient plus rester sur place, de peur de se voir alpagués par la police militaire, obéissant aux ordres d‘une junte qui ne fait plus de cadeau à personne, depuis que ses membres ont compris, à travers la rencontre de Ouagadougou, que la classe politique veut se jouer d’eux.

Accompagné de son épouse qu’on aurait aimé voir dans une pareille circonstance pour savoir si sa beauté n’est pas en train de souffrir de rides subites, ATT et son garde du corps, en plus de son chauffeur, à bord d’un véhicule banalisé, ont débarqué à l’Ambassade du Sénégal pour y trouver refuge, le temps de négocier une évacuation sanitaire sur Dakar car le président déchu est aujourd’hui rongé par le diabète, une maladie qui s’aggrave rapidement dans des conditions de stress comme celles que vit l’ex-locataire du palais de Koulouba.

Mais avant même que les démarches nécessaires puissent être entreprises, le président sénégalais, Macky Sall, qui certainement voulait se débarrasser de cet hôte encombrant, l’a livré à l’opinion internationale en indiquant qu’il se cachait chez lui, à la résidence de l’Ambassade du Sénégal au Mali.

Les membres de la communauté sénégalaise au Mali, qui ont appris la nouvelle, ont été les premiers à en vouloir à leurs autorités pour avoir accepté d’héberger ce fugitif. Pour eux, le Sénégal devrait se mettre au-dessus de ce conflit interne pour ne pas détériorer leurs conditions d’existence au Mali, pays dont ils respectent les lois, règlements, us et coutumes et ne se sont jamais mêlés de la vie politique intérieure, surtout pour un aspect aussi sensible.

Mais heureusement que l’ex-président du Mali devenu Sdf a pris son baluchon pour tirer son épouse vers une autre destination à Bamako. Une source diplomatique nous informe que le couple aurait déménagé dans les locaux d’une autre ambassade d’un pays africain qui a décidé de ne pas faire comme le Sénégal. C’est-à-dire qu’elle compte le garder le temps qu’il faudra, dans la plus grande discrétion. Mais jusqu’à quand durera ce jeu de cache-cache entre le désormais ex-couple présidentiel et le Cnrdre ?

Birama FALL

Le Prétoire du 20 avril 2012