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L’élection du général Amadou Toumani Touré, à la magistrature suprême en 2002, avait suscité espoir chez bon nombre de Maliens qui avaient souffert de la gestion clanique des dix ans du président Alpha Oumar Konaré et de l’exclusion de la majorité significative des partis politiques du débat démocratique. Mais l’homme, sur lequel le peuple comptait pour amorcer un nouveau décollage en assainissant les finances publiques, s’est révélé incapable de répondre au cri de détresse de ses compatriotes.

Pire, par ses bouffonneries et ses pantalonnades, notre pays ne compte plus sur la scène internationale. Conséquence : les Maliens subissent les brimades de toutes sortes dans les pays d’accueil. Ceux de la France ne le démentiront pas.

D’ailleurs avec les crises répétitives dans le nord-est de notre pays, la gestion d’une partie de notre territoire est désormais confiée à l’Algérie et à la Libye. C’est à travers eux que la volonté des bandits est imposée sur le peuple avec la complicité du premier responsable.

En 2002, ATT est parvenu à drainer la foule par un de ses slogans de campagne : «la réconciliation nationale». Ce slogan rassembleur, les Maliens l’ont saisi. Pas dans le but de lui faire plaire. Mais pour que le peuple se réconcilie avec lui-même, après la crise politique de 1997.

Après avoir prêté serment le 8 juin 2002, le slogan est tombé rapidement dans les oubliettes de l’histoire. On ne parle plus de réconciliation. A sa place, le consensus.

Ce consensus, dont ne cessait de vanter les mérites, a servi de cadre aux aigris du régime ADEMA d’intégrer la haute sphère de l’administration et les amis du président ATT de se faire les poches dans l’impunité totale.

Le bilan du consensus : plus de 103 milliards de F CFA volatilisés des caisses de l’Etat (rapport du Vérificateur général 2006). Les responsables de cette gabegie ne sont autres que les proches du président Amadou Toumani Touré.

Jusqu’à présent aucune poursuite judiciaire. D’ailleurs certains d’entre eux ont été propulsés à des postes encore plus juteux. Comme pour dire aux Maliens que la lutte contre la corruption est un vain mot.

Le président, qui a été accompagné par les Maliens de tout bord durant son premier mandant (2002-2007), n’est jamais parvenu à capitaliser cet atout pour satisfaire les ententes de son peuple. Il s’est contenté des déclarations à l’emporte-pièces à l’allure d’un despote au sommet de sa gloire.

Ce qu’on regrette est qu’ en 2005, il a laissé son ministre de l’Industrie et du Commerce de l’époque affamer les Maliens dont les récoltes avaient été ravagées par les criquets pèlerins. Les exonérations, accordées à des opérateurs économiques tirés sur volet, ont profité à une poignée de personnes pour renforcer la nouvelle race de riches du pouvoir.


Idem pour cette année

Le président Touré ne se soucie guère des rapports de ses subordonnés. Ce qui fait aujourd’hui que le pays baigne dans l’impunité totale. L’administration publique tourne au burlesque. Elle est même présentement transformée en GIE. Tout est payant dans l’administration.
Partout, c’est le racket. C’est sur le mensonge que le régime évolue.

Yoro SOW

14 avril 2008.