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Le président ATT, qui célébrait la semaine dernière le premier anniversaire de son second et dernier mandat, s’est encore illustré par ses propos va-t-en guerre et son inaptitude à trouver les réponses aux multiples défis auxquels les Maliens sont confrontés. Et au lieu d’éclairer la lanterne de ses concitoyens sur certains sujets brûlants du moment comme l’école, il a ajouté sa dose de confusion sur la crise au secondaire.

Comme si cela ne suffisait pas, ATT a accusé les enseignants de tous les pêchés d’Israël.

Les raisons d’une colère

Si le Baro et la conférence de presse de ATT devaient être appréciés, on allait dire que c’était du «coq à l’âne». Les Maliens n’ont rien tiré de potable. Sauf l’incohérence.

Ces deux activités, marquant l’anniversaire de son investiture, ont montré que le premier responsable du Mali est en déphasage total avec la crise qui secoue l’enseignement secondaire. Plus grave, il a déclaré que les contractuels demandent une augmentation de 50.000 F CFA sur leur salaire.

Nous nous portons en faux contre de telles allégations. Les enseignants contractuels, qui luttent avec les fonctionnaires dans le cadre de la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (COSES), n’ont jamais présenté une doléance leur octroyant une augmentation de salaire.

Les enseignants, qu’ils soient contractuels ou fonctionnaires, demandent l’indemnité de logement… Mais focalisé le débat sur les contractuels, cela revient à dire que ATT est mal informé par son ministre des Enseignements secondaire et de son Premier ministre, l’homme qui est allergique à l’indemnité de logement ou il a décidé volontairement de jeter les contractuels à la vindicte populaire.

Pire, ATT traite les enseignants, qui réclament leur droit d’un «groupe d’individus…» Si ce n’est pas de l’ironie, on ne pas avoir le courage de dire d’une Coordination qui compte environ 3000 militants d’un groupe d’individus. En tout cas, le «groupe d’individus», malgré la farce organisée à la place des compositions, ne cesse de monter à la face des Maliens que l’école n’est pas une priorité pour ATT et ses hommes.

Il ne fait l’homme d’aucun doute que l’arrogance, la haine et le mépris du ministre Amadou Touré ont pour source Koulouba. Comme dit l’adage populaire : «ni yé min mè baladen da, a bora balaba da». Rien n’à dire. ATT et son gouvernement ont fait leur choix : la guerre contre les enseignants.

Revenons sur les compositions. Le président ATT s’est félicité des compositions sans les enseignants. Espérons que le concept «une école sans enseignant» rallongera la liste des concepts déjà inventés (consensus, unanimisme politique…)
Les compositions sans les enseignants n’ont aucune valeur pédagogique.

Au lieu de crier victoire, la mascarade a précipité encore notre école dans le gouffre. Si les autorités maliennes ne le savent pas encore des structures internationales chargées des questions de l’éducation seraient entrain de ficeler des rapports pour invalider la tragi- comédie organisée par le gouvernement de Modibo Sidibé.

Nous allons vous dispenser du commentaire sur le déroulement des compositions. Mais là où le bas- blesse, les élèves se sont retrouvés avec 19, 5 sur 20 en philosophie et 20/20 en histoire et géographie dans des classes (SHT) où ces matières font coefficient 6. Ou encore des élèves qui ont recopié le sujet ont une la moyenne ainsi que ceux qui ont mis «pas vu». Contrairement à leurs collègues qui ont tenté de le traiter.

Pour le Bac, ATT dit qu’il le fera sans les enseignants. Avant d’ajouter que nul n’est indispensable. Certes nul n’est indispensable dans un pays. Mais fouler au pied la déontologie et l’éthique d’une profession relève de l’ignorance des autorités. Pourquoi lors de la grève des médecins, on les pas remplacés par des gens tirés sur volet. Comme on vient de le faire avec les enseignants.

Le président de la République, qui ne parierait pas sur la ténacité des enseignants à faire aboutir leurs revendications, s’est mis en colère en proférant une avalanche d’injures contre le monde enseignant. On l’avait convaincu de jouer sur le temps parce que les enseignants à la veille des examens de fin d’année ne peuvent pas résister à la puissance de l’argent. Malheureusement, ils viennent de prouver le contraire.


A la grande surprise de ATT.


Autre explication :
Le général président n’arrive toujours pas à diriger le fait que la COSES n’a pas été mise au pas comme les partis politiques qui ont ignoré leur rôle dans la démocratie pour des intérêts égoïstes et haïssables.

Quand le dernier recours d’un citoyen dénonce au lieu d’agir, il va de soi que des inquiétudes planent sur le pays. C’est le cas du général cinq étoiles. Il est temps qu’il se mette au dessus de la mêlée pour transcender les inimitiés.

Les enseignants sont loin de prendre l’école en otage. Mais ce sont plutôt les officiers allergiques au désert qui prennent le Mali en otage.

Yoro SOW

16 Juin 2008