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Notre président a accordé un long entretien à une radio étrangère. Au-delà du complexe qui se perpétue et du mépris pour la presse nationale que cela suppose, il a manqué là une bonne occasion (une autre) de se taire.

La presse malienne ne sortira donc jamais de ce cercle : la presse locale n’est bonne que pour reprendre ce que le prince du jour dit sur d’autres médias, des messages pourtant destinés au Mali et au peuple malien.

Les journalistes maliens ne sont certainement pas capables de poser les bonnes questions et le PDES n’a pas prévu un plan de développement de la presse susceptible d’avoir l’envergure de ces presses que nos dirigeants courtisent. ATT en a ajouté une dose, en parlant, avec mépris de « certaines de nos radios qui n’ont rien à envier à la radio des mille collines », sur laquelle il a enquêté.

Nous n’aborderons rien du contenu de son intervention, cela pour respecter la douleur du peuple malien et pour ne pas donner des armes à la presse algérienne et mauritanienne aux yeux desquelles, aucun acte de notre président et du Mali, ne trouve grâce.

Que cherche ATT au juste ? Pourquoi se disculpe-t-il perpétuellement là où personne ne songe à lui ? Pourquoi s’attribue-t-il toujours le beau rôle là où il n’a joué qu’une fonction d’adjuvant ?

Sa sortie exploitée à souhait contre nous n’était franchement pas à propos, surtout que, actuellement, dans notre situation de crise, personne ne cherche à savoir l’origine où des justifications coloniales. Il a fourni des arguments à nos adversaires contre nous. Il apporte du grain à moudre à tous ceux qui nous accusent de légèreté, de tous ceux qui pensent qu’il n’y a aucune ligne directrice dans notre conduite.

Le débat n’a pas éclairé, si tant est que cela était son objet. Tout s’est passé comme si ATT voulait dire au Mali que ce n’est pas de sa faute. Tout s’est passé comme s’il voulait se justifier à l’opinion nationale sur sa position de « maillon faible » qu’il semble accepter.

Vivement le 8 juin !

Alexis Kalambry

Le 28 Février 2012