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Le président de la République Amadou Toumani Touré a été accueilli mercredi avec tous les honneurs à l’Assemblée régionale de Rhône-Alpes à Lyon, où il a prononcé, devant les élus de la région, un discours sur la coopération franco-malienne et particulièrement, la coopération décentralisée de la région Rhône-Alpes avec Tombouctou.

Le président Touré a réitéré sa conviction que la démocratie reste un cadre dans lequel la décentralisation doit trouver son plein épanouissement.

Dans son discours de bienvenue, le vice-président de la région, Jean Philippe Bayon, qui s’est dit heureux d’accueillir le président Touré, avant de révéler que sa région était devenue la 2è force économique de France grâce, parmi autres, au fait que sa population est fortement métissée. « Notre région ne connaît pas de racisme« , a-t-il soutenu en constatant que « la politique de non partage égoïste a fait que des gens d’autres continents se font tuer aux larges de l’Atlantique« .

Jean Philippe Bayon a fustigé la politique de ceux qui pensent que « l’immigration est synonyme de délinquance, de pauvreté« . Il a lancé un appel aux dirigeants du monde pour que la solidarité internationale soit renforcée afin que les milliards d’individus sur terre vivent décemment.

Pour relever ce défi, le vice-président de la région Rhône-Alpes préconise de multiplier les efforts, notamment dans la recherche médicale contre le Sida et le paludisme.

Évoquant toujours l’immigration, Jean Philippe Bayon a embrayé sur une brûlante actualité en critiquant vivement la loi prévoyant le test ADN dans les dossiers de regroupement familial.

La France, a-t-il jugé, doit adopter une nouvelle ligne politique par rapport à l’immigration et dans ses rapports avec l’Afrique. Cette dernière, malgré les problèmes qu’elle connaît, a besoin du respect compte tenu de sa civilisation ancestrale et sa diversité culturelle, a poursuivi Jean Philippe Bayon qui a salué les 20 ans de coopération décentralisée entre sa région et celle de Tombouctou et souhaité poursuivre sur cette lancée.

Un souhait, à l’évidence, partagé par le chef de l’État pour lequel la coopération décentralisée entre Rhône-Alpes et Tombouctou est l’un des plus éloquents témoignages de l’évolution des relations bilatérales franco-maliennes de ces dernières années. Dans le même ordre d’idée, il relèvera combien la diversité des domaines d’intervention de cette coopération recoupe largement les axes prioritaires du programme de développement économique et social qu’il a proposé à nos concitoyens pour les cinq années à venir.

Le président Touré a réitéré sa conviction que la démocratie reste un cadre dans lequel la décentralisation doit trouver son plein épanouissement en rappelant que notre pays est fermement engagé sur la voie du pluralisme politique depuis mars 1991.

Revenant sur l’exemplarité de la coopération décentralisée Rhône-Alpes-Tombouctou, Amadou Toumani Touré soulignera qu’elle a permis de construire le siège de l’Assemblée régionale et de réaliser nombre de projets dans les domaines de la santé, de l’éducation.

rhonealpes.jpgS’étendant sur Tombouctou, le chef de l’État a rappelé que la ville des 333 saints est connue dans le monde entier pour ses richesses culturelles, sa dimension religieuse, ses célèbres manuscrits. Tombouctou, c’est aussi un chapelet de lacs propices à l’agriculture et à la pêche et des bassins sédimentaires.

Malgré ces potentialités, la Cité mystérieuse fait face à d’énormes défis comme l’ensablement du fleuve Niger, la maîtrise de l’eau et l’aménagement des périmètres, la lutte contre la désertification, a constaté le président Touré. Il a, par conséquent, invité les partenaires techniques et financiers européens, notamment la région Rhône-Alpes à épauler notre pays pour relever ces différents défis.

Évoquant à son tour la question de l’immigration, le président de la République a jugé qu’il était temps que l’Occident cesse de véhiculer des images négatives de l’Afrique, de faire croire que vivre sur ce continent est synonyme d’enfer. « Les médias occidentaux donnent de l’Afrique l’image d’un continent de misère, des maladies, de corruption. Si je lis ces journaux, je me demande si c’est réellement l’Afrique que je connais« , a-t-il souligné, estimant que la solution au problème de l’immigration clandestine passe par le développement.

Dans cette perspective, il a appelé les partenaires européens à aider l’Afrique à se développer.

Le chef de l’État a rendu hier une visite de courtoisie à l’ancien président Jacques Chirac. Il a ensuite été reçu à déjeuner par son homologue français, Nicolas Sarkozy.

Aujourd’hui, il sera installé en qualité de membre associé de l’Académie d’Outre-mer de Paris.

Envoyé spécial
M. KEITA- L’Essor

26 octobre 2007.