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Au cours de la rencontre que le président de la République, Amadou Toumani Touré a eue avec le RPM, le mardi 8 mars dernier, il a informé IBK et les membres du Bureau Politique National du parti qui l’accompagnaient qu’il a décidé d’envoyer le président de l’Assemblée nationale à Kara (nord du Togo) pour conduire la délégation malienne aux obsèques du président Eyadema.

ATT a même mis un avion à la disposition d’IBK pour représenter dignement le Mali. Il nous est donc revenu que c’est le samedi 12 mars que ce dernier et les membres de sa délégation quitteront Bamako pour Lomé. Celle-ci sera composée de ministres, des proches d’ATT et des députés.

Cette décision du chef de l’Etat n’est pas fortuite. D’abord, ATT l’a prise pour conforter IBK dans ses rapports avec la famille Eyadema et prouver, si besoin en était, aux membres du Bureau Politique National (BPN) du RPM qu’il a de la considération pour leur leader.

Ensuite, ATT a désigné IBK pour aller aux obsèques d’Eyadema dimanche prochain afin d’éviter que l’un ne fasse ombrage à l’autre. Le premier, en sa qualité de chef de l’Etat, a droit à tous les honneurs. Le second, qui s’apprêtait à participer aux funérailles de son aîné Eyadema en son nom personnel, est réputé être un ami parmi les amis de la famille Eyadema. A ce titre et surtout en sa qualité de président de l’Assemblée nationale, IBK a également droit à beaucoup d’égards.

De plus, on sait que depuis longtemps, ATT évite d’être au même lieu en dehors de la capitale que le président de l’Assemblée nationale, Ibrahim Boubacar Kéïta. Ce fut le cas, la semaine dernière, lors du festival organisé par l’association « Djinné Dogon » à Bandiagara. Initialement, ATT et IBK étaient attendus dans cette localité. Mais, finalement, le président de la République a demandé au premier des députés de le représenter à ce festival.

En tout cas, le comportement d’ATT vis-à-vis d’IBK est hautement apprécié par l’entourage du prince de Sébénikoro.
Est-il nécessaire de rappeler que l’ancien premier ministre de Konaré a été désigné récemment comme médiateur dans la crise togolaise par le président de l’Organisation internationale de la Francophonie, Abdou Diouf afin de convaincre Faure Eyadema de revenir à l’ordre constitutionnel ?

Rares sont ceux qui savent qu’il a été discrètement à Cotonou pour échanger avec « son frère et ami » Fambaré Natchaba Ouattara, président de l’Assemblée nationale au moment du décès de Gnassingbé Eyadema, en exil récemment chez le président Mathieu Kérékou. IBK lui aurait demandé de rentrer à Lomé pour y contribuer à ramener la paix et la quiétude.

Parallèlement à cette démarche, il y en a eu plusieurs. Finalement, Natchaba Ouattara est rentré au pays sous la couverture du président béninois en début de semaine. C’est dire que IBK a contribué, dans les coulisses, à sa manière, à arrondir les angles entre Faure et Natchaba.

Rappelons que le président Gnassingbé Eyadéma, décédé le 5 février dernier sera inhumé dimanche prochain. A l’annonce de sa mort, son fils Faure Eyadema avait été investi quarante huit heures après par les militaires, contrairement à la légalité constitutionnelle. La CEDEAO et l’UA ont vigoureusement dénoncé cette succession dynastique en exigeant le retour à l’ordre constitutionnel.

Après moult tractations, la sagesse a pris le dessus sur la passion et Faure Eyadema a démissionné de son poste le 24 février. Celui-ci est actuellement occupé par le premier vice-président de l’Assemblée nationale Abbas Bonfoh. Il est tenu d’organiser l’élection présidentielle du 24 avril dans des conditions de transparence.

Le RPT a déjà désigné Faure Eyadema comme son candidat à ce scrutin alors que l’opposition n’arrive toujours pas à désigner son porte-drapeau.

Chahana Takiou

10 Mars 2005