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A partir d’aujourd’hui, 7 février 2008, le Président ATT entame une visite officielle de 72 heures aux Etats-Unis. Ce voyage, qui aura lieu peu de temps avant la deuxième tournée du président Bush en Afrique, sera aussi l’occasion d’évoquer des questions importantes parmi lesquelles de grands dossiers économiques, au moment où le Mali attend une aide substantielle promise fermement par les Etats-Unis.

Sur invitation de Georges Bush, le président ATT sera dès demain aux Etats-Unis et plus précisément à Washington, où il aura un entretien avec son homologue américain. C’est après seulement qu’il ira au Pentagone, à Arlington (près de Washington) pour y rencontrer le Sous Secrétaire à la Défense, Donald Mahley. Si le sujet dominant de l’entretien avec Bush reste encore un mystère, il est clair qu’avec le Sous secrétaire à la Défense il sera beaucoup question de coopération militaire et de sécurité.

En effet, le Commandement américain pour l’Afrique (Africom) reste d’actualité pour les autorités américaines. Il n’est donc pas étonnant de voir le Mali consulté au plus haut niveau sur ce projet, au vu de ses efforts louables pour la paix et la sécurité dans la sous région. Les récentes propositions d’organisation d’une conférence internationale sur la paix dans la bande sahélo-saharaienne, faites par le Mali à la Censad et réitérées aux sommets de l’UEMOA, de la CEDEAO et de l‘Union Africaine, ont beaucoup retenu, par leur pertinence, l’attention du Département d’Etat américain.

En plus, la coopération militaire entre les deux états est au beau fixe, comme en attestent les exercices militaires organisés à plusieurs reprises sur le sol malien, par les stratèges de l’armée américaine, en collaboration avec les officiers supérieurs des forces armées et de sécurité du Mali.

A sa sortie du Pentagone, le Président ATT devra rendre visite aux responsables du Millenium Challenge Corporation (MCC) avant d’être reçu par la toute nouvelle Directrice Générale de l’USAID. Pour la première fois depuis son installation, signale-t-on, cette autorité du pays de l’Oncle Sam va recevoir officiellement un chef d’Etat pour discuter directement avec ce dernier de grands dossiers économiques. Ce qui prouve l’importance que les américains accordent aux relations multisectorielles de coopération qui les lient étroitement au Mali.

Dans un entretien accordé au service d’information du département d’Etat, le 4 février dernier, M. Todd Moss, le sous secrétaire d’Etat adjoint aux affaires africaines, précisait que cette visite du président malien aux Etats-Unis est « une confirmation des relations de plus en plus étroites du président Bush avec les dirigeants et peuples africains…Les pays pauvres, a-t-il fait remarquer, ne sont pas trop pauvres pour la démocratie. Ce n’est pas un luxe et je pense que le Mali le montre bien ».

M. Todd Moss a par ailleurs ajouté que : « le Mali est un pays très ouvert où la tolérance religieuse et politique règne depuis longtemps ». Autant de choses, qui ont rendu le Mali éligible au programme du Millénium Challenge Corporation (MCC) avec, à la clé, un accord de financement de 461 millions de Dollars américains, soit plus de 230 milliards de FCFA.

Selon Todd Moss, le gouvernement des Etats-Unis considère le Mali comme « un partenaire important dans la promotion de la paix, de la stabilité et de la prospérité en Afrique de l’Ouest ». Précisant que l’aide des Etats-Unis ne se limitait pas à cet accord avec le MCC, M. Todd d’ajouter : « Nous avons un programme d’aide très robuste avec le Mali qui porte sur divers secteurs… »

Cette visite du président Touré se déroule peu de temps avant la deuxième tournée africaine de Bush qui doit se rendre au Bénin, en Tanzanie, au Rwanda, au Ghana et au Liberia. La deuxième descente de Bush sur le continent (la première était en juillet 2003) coïncide avec le 50ème anniversaire de la création de la direction des affaires africaines au département d’Etat.

C’est perçu par bon nombre d’observateurs comme une consolidation de sa politique africaine qui demeure l’un des points forts de sa politique internationale.

Amadou Bamba Niang

07 Février 2008.