Partager

Le président de la République a rompu le silence qu’il observait depuis l’inculpation et la mise sous mandat de dépôt du Vérificateur Général, Sidi Sossoh Diarra, pour «entrave à la liberté de travail», le mardi 31 mars, par le juge d’instruction de la commune IV.

C’était lors de la cérémonie de pose de la première pierre d’un hôtel cinq étoiles de onze étages qui sera érigé à l’ACI 2000 Hamdallaye. Interpellé sur le sujet par un journaliste de L’Indépendant, ATT a déclaré : «J’ai appris l’arrestation de Sidi Sossoh Diarra quand il se trouvait déjà devant la porte de la prison. J’ai tout fait pour qu’il n’y passe pas la nuit. Cette affaire n’oppose pas le Bureau du Vérificateur Général à l’institution judiciaire ni au gouvernement. Elle n’a rien de politique. C’est une affaire privée concernant un employeur et ses employés».


Répondant à notre question :«que pensez-vous de la fameuse affaire du Vérificateur Général qui défraie actuellement la chronique», le président de la République, Amadou Toumani Touré, a déclaré :
«c’est douloureux. J’avoue que je suis meurtri. Je ne pense pas que ce soit une affaire de Vérificateur. Il faut que l’on remette les choses à leur place. L’affaire dont vous parlez est une affaire entre un employeur et ses employés au sein du Bureau du Vérificateur Général.

La question à trancher était de définir la situation administrative de certains des membres de ce Bureau. Ainsi, il y avait une option à faire : être soit en disponibilité, soit en détachement. A ce sujet, j’avais personnellement pris un décret mettant certains (NDLR : dont le magistrat Daniel Tessougué) en disponibilité.

Non contents de ma décision, les concernés ont attaqué mon décret devant la Cour Suprême a invalidé le décret. J’étais mal à l’aise face à la situation. Cependant, je n’avais pas d’autre choix, car je respecte la loi et la justice de mon pays. Ensuite, il faut reconnaître que ce problème est en train de porter un coup dur pour rien à notre pays, à notre jeune démocratie.


En vérité, on s’emporte pour rien, personne ne veut empêcher le Vérificateur Général de travailler
. C’est dommage que certains cadres de ce Bureau n’arrivent pas à s’entendre autour d’un service que le monde entier nous envie aujourd’hui.

Le Bureau du Vérificateur, c’est moi. Il est une idée, une vision que j’ai perçue ailleurs (NDLR : le Canada) et que j’ai souhaité appliquer ici au Mali afin de donner une nouvelle dynamique à la lutte contre la corruption et la délinquance financière.

Pour cela, je me suis personnellement battu afin que les députés puissent adopter la loi portant création d’un Bureau de Vérificateur Général indépendant de tous et de chacun. Au début, il y a eu un travail formidable avec des rapports qui s’amélioraient d’année en année et qui ont permis à l’Etat de recouvrer ses fonds dissipés.

Je vous rappelle encore que le Bureau du Vérificateur Général est mon initiative, mon combat contre la corruption et la délinquance financière. Ainsi, il demeurera. Je soutiendrai ce Bureau contre vents et marées. Il continuera d’avoir les moyens qu’il faut afin de travailler convenablement et tranquillement.


Je vous dis une chose :
le budget du Bureau du Vérificateur Général fait deux fois et demie celui de la Cour Suprême, trois le budget de la Cour Constitutionnelle, deux fois et demie le budget du Haut Conseil des collectivités territoriales, quatre fois le budget du Conseil économique, social et culturel. Par conséquent, on ne peut pas me parler d’un manque de volonté politique pour accompagner ce Bureau. Je souhaite et je veux que les frères s’entendent. Nous ne pouvons pas nous laisser exposer, exposer notre pays, créer un doute qui n’existe pas dans le cadre du fonctionnement du Bureau du Vérificateur Général.

Car l’on est en train de dire déjà que certains n’ont pas intérêt à ce que le Vérificateur Général travaille, accréditant l’hypothèse d’un règlement de comptes. Il n’en est rien, en tout cas, pas à notre niveau, sinon je n’allais pas créer ce Bureau. Le problème actuel doit être remis dans son vrai contexte.

Sortons des spéculations stériles, des informations tendancieuses, mensongères et gratuitement méchantes. Nous ne sommes pour rien dans cette affaire qui, du reste, comme je l’ai dit, est une affaire entre particuliers. J’ai appris l’arrestation du Vérificateur Général quand il était déjà devant la prison et j’ai tout fait pour qu’il n’ y dorme pas».

Alassane DIARRA

09 Avril 2009