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Le 17 février, le président a poursuivi sa campagne électorale à Paris. Ce fut une soirée mémorable pour lui, car les militants du RPM, du Parena, de Convergence-2007 et de l’ADJ ont réussi une forte mobilisation. A l’initiative du RPM, des milliers de copies de la déclaration (ci-contre) ont été distribuées dans les foyers, dans la salle et autour de la salle. La Coordination des sans-papiers et autres associations anti-immigration choisie ont crié toute la soirée leur haine de la politique du général.

Dans la salle et autour de la salle, la colère était partout. L’ambassadeur Mohamed Salia Sokona a lu son message sous les cris de la salle ; quant à l’allocution du consul général, elle a été purement et simplement supprimée pour éviter une émeute. Dans sa première intervention (non prévue), le président a répondu directement à notre déclaration et aux cris de haine des associations.

Dans sa 2e intervention, il a égrené les projets réalisés et ceux en cours tout en mettant un accent sur le cercle de Yélimané dont le député Gassama de l’URD défend la cause. Cet élu est aujourd’hui un élément important pour convaincre les Sarakolés qui sont très nombreux. Il a d’ailleurs subi des revers importants dans certains foyers.

En bref, la visite du général a été un véritable chemin de croix pour son équipe. Sorti par une porte dérobée, le général devra son salut aux agents de la sécurité que la foule a violemment bousculés. Il a nié toute complicité avec Sarkozy et critiqué les hommes politiques. Quant aux partis politiques, il ne leur doit rien, a-t-il dit.

Le FDR se retrouvera très prochainement à l’initiative du RPM pour constituer une équipe de travail.

(correspondance particulière)

RPM-CDS-PARENA-ADJ-CONVERGENCE 2007

Campagne pour campagne !

Les Maliens de France sont dégoûtés par la campagne outrancière du président de la République. Aussi tout en dénonçant certaines de ses accointances avec le chantre de l’immigration choisie et face à l’inertie des pouvoirs publics, des partis s’engagent à défendre leurs compatriotes humiliés quotidiennement. Ils exigent l’équité au niveau de l’ORTM et se disent déterminés à servir de rempart contre la fraude électorale.

Le 17 février 2007, les Maliens de France avaient rendez-vous avec un général en campagne pour un second mandat.

C’est l’occasion pour nous de vivre en vrai cette campagne permanente dont le peuple malien est témoin depuis plusieurs mois ; cette situation de non-respect de la loi électorale n’a d’autres supports que l’ORTM, ce service public financé par le contribuable malien. Aujourd’hui, tout est bon pour faire avaler l’amère pilule des cinq ans de pouvoir du général.

Cinq ans de régression démocratique – l’anesthésie des partis politiques

Cinq ans de mise en jachère de la République – les accords d’Alger

Cinq ans de souffrance pour les Maliens de France – expulsions, tracasseries.

A l’occasion des élections de 2007, les Maliens de France demandent le même traitement médiatique pour tous les acteurs.

Au lieu de cela, l’ORTM est devenu la tribune d’un camp au mépris de tout esprit d’équité. Alors que les événements des uns sont littéralement passés sous silence, les plus petits gestes des autres font la une de l’ORTM ; Sidiki Konaté est devenu, aux frais du contribuable malien « l’agent com » du général.

L’ORTM ne doit pas se confondre avec le QG de campagne d’un candidat déclaré ou virtuel.

Sur le plan socioéconomique, l’arbre de la propagande permanente cache mal la forêt de misère qui pèse sur notre peuple. Dans un classement récent des pays sur les critères du développement humain, l’ONU plaçait le Mali 175e sur 177 pays. Ce classement apporte un démenti cinglant à l’impression de progrès que l’on tente d’imposer à travers des inaugurations quotidiennes. Plus on inaugure, plus nous sommes pauvres. A ce constat, s’ajoute une corruption systématisée dont les exemples affleurent dans la presse.
Pour les Maliens de France, le constat est poignant. Le Malien a perdu le respect qu’il avait en France. Les expulsions touchant plus les Maliens que les autres nationalités, ils ont l’impression de vivre en avant-première les affres de l’immigration choisie de M. Sarkozy.

Par ailleurs, en France et en Espagne, les Maliens perdent des milliers de journées de travail du fait des insuffisances de notre administration (un seul consulat pour presque le million de Maliens). Alors qu’ils déversent plus de 250 000 000 d’euros par an dans l’économie malienne, les Maliens de France se sentent abandonnés. Dans certaines contrées, ce sont les immigrés qui remplissent les missions régaliennes de l’Etat (école, santé, assainissement, etc.)
C’est pourquoi les Maliens de France méritent plus de considération et d’engagement pour la défense de leur dignité.

Des élections libres et transparentes en 2007, voilà une exigence qui s’impose à tous les démocrates du Mali.

Paris le 17 février 2007
Ont signé :

– CDS (06 13 84 50 80)
– RPM (06 10 65 63 39)
– Parena (06 03 68 85 99)
– ADJ (06 50 38 77 20)
– Convergence-2007 (06 16 24 20 95)

Encadrés

ATT mélange-t-il les pédales ?

A Montreuil, le président de la République n’a pas manqué de gymnastique pour démontrer aux Maliens de France qu’il est candidat à sa propre succession et qu’il sollicite leurs voix pour la présidentielle d’avril. Au cours de la cérémonie, ATT est allé, à la surprise générale de tous, jusqu’à entonner l’hymne national et à gesticuler à la fin de celui-ci. Il ne restait plus qu’à éteindre la sono au profit de sa seule voix. Un comportement qualifié d’« exagéré » par certains qui n’en revenaient pas. Est-ce le bon agissement de celui qui incarne la première institution de la République ? Si c’était en période de campagne électorale, l’on pouvait comprendre. Mais, le président était à Paris en tant qu’institution et non pas en candidat à la présidentielle. Précision de taille.

Sidiki Konaté DG de l’ORTM aussi…

Comme on a l’habitude de le dire, la pintade regarde toujours son devancier. Tel semble être le cas entre ATT et le directeur de sa télévision publique, pardon de l’ORTM. Il faut reconnaître que depuis un certain temps, cette télévision a effacé de son vocabulaire le mot « impartialité ». Et, elle est l’image de son premier responsable Sidiki Nfa Konaté. Comment comprendre qu’un directeur de télévision national puisse se permettre de jouer le rôle de maître de cérémonie, de se muer en journaliste reporter au cours de cette visite du président de la République en présence de ses subalternes ? Un zèle de M. Konaté ou manque de journaliste reporter compétent à l’ORTM rompu à de telles tâches ? Allez-y comprendre !

LANCEMENT DE L’ORTM PAR SATELLITE EN FRANCE

ATT assène ses « vérités » aux Maliens de France

En marge du 24e Sommet Afrique-France, le président ATT a fait un détour à Montreuil le samedi 17 février pour procéder à la cérémonie officielle de lancement de la radio et de la télévision publiques ORTM en mode de réception directe par satellite. Il a profité pour asséner quelques « vérités » aux Maliens de France.

La salle des fêtes de la ville de Montreuil n’a pu contenir tout le public venu à la rencontre du président Amadou Toumani Touré. Dehors, beaucoup ont décidé d’attendre le chef de l’Etat pour se faire entendre, lui faire part de leurs préoccupations. ATT s’est arrêté pour écouter et une fois dans la salle a répondu.

« A qui, nous dit sa vérité, nous lui disons aussi notre vérité« , a déclaré le président ATT. « Aucun Malien ne m’a demandé la permission de venir en France, je n’ai payé le billet de personne, alors je ne demanderai à personne de rentrer au Mali« . Le ton était vif, tranchant, clair et net. Des murmures dans la salle se sont levés pour dire : « C’est la réponse à Sarkozy ».

Porté par son élan, ATT a ajouté : « Ceux qui sont là ne sont pas pauvres. Ce sont les fils de l’Empire du Wagadu, là où la richesse c’est d’abord la dignité, le partage avec les autres. Nous ne sommes pas venus en France pour faire la manche, pour mendier, nous sommes venus pour travailler« . Les autorités maliennes, ont refusé la signature d’un engagement de réadmission des Maliens sans papier.

Le bruit de la salle submergeant la sono, ATT chantait à haute voix l’hymne national sur un accompagnement instrumental. A ce moment précis, on pouvait l’entendre entonner le refrain final « Les champs fleurissent d’espérance, nos cœurs vibrent de confiance« . « Il n’y a pas meilleure réponse », dira-t-il au maire de Montreuil M. Brard qui s’était lancé lui aussi dans une critique de la politique de l’immigration choisie prônée par le candidat Sarkozy.

Toute cette bonne ambiance était retransmise en direct par l’ORTM dont le directeur général Sidiki Konaté a retrouvé ses années de reporter en tant qu’animateur-maître de cérémonie de l’événement. Pour montrer aux Maliens de France le respect et la considération qu’il a pour eux, ATT leur offrira une dizaine de matériels de réception de l’ORTM sur le satellite Eutelsat qui couvre toute l’Europe. Une nouvelle ère s’ouvre.

Mais certains jeunes Maliens étaient décidés à montrer leur mécontentement contre les autorités consulaires qu’ils huaient à chaque fois qu’allusion leur était faite. L’annonce d’un nouveau passeport sécurisé, du Centre d’information et de gestion des migrations comme réponse aux difficultés et déboires des ressortissants maliens n’en fit rien.

Il a fallu attendre la causerie entre le président et le public pour que les ardeurs se calment. La politique, certains diront la démagogie, a pris ses droits. La campagne n’est pas encore annoncée, mais c’était comme si ATT venait dire aux Maliens de France « Votez pour moi« .

Oussouf Diagola
(correspondant en France)

19 février 2007.