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« La situation désastreuse de l’école est le salaire de l’indifférence de nous tous « .


C’est le président de la République en personne, Amadou Toumani Touré, qui a procédé, hier jeudi 30 octobre, à l’ouverture du forum national sur l’éducation. L’événement avait pour cadre le Centre International de Conférence de Bamako. Le Chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, en a profité pour lancer un appel à tous les Maliens pour qu’ils se retrouvent autour de l’essentiel, c’est-à-dire l’école. Il a annoncé l’accroissement des ressources destinées à l’éducation qui passent de 30,98% en 2008 à 33,17% en 2009. L’objectif est de porter ce ratio à 35% à l’horizon 2012.

Cette rencontre d’envergure nationale a enregistré la présence des membres du gouvernement, des corps diplomatiques, des anciens Premiers ministres et ministres de l’Education. Depuis maintenant six mois, sur l’initiative du Premier ministre, Modibo Sidibé, les acteurs de l’école se sont réunis en vue de diagnostiquer les maux de l’école malienne, de manière structurelle et conjoncturelle afin d’y apporter des solutions durables et convenables.

Ce forum, qui vient d’ouvrir ses portes, suscite beaucoup d’espoir, car il doit aboutir à une union sacrée de la communauté pour une école réconciliée avec ses valeurs. Une école qui se doit d’accompagner les ambitions de croissance de pays en le dotant des ressources humaines compétentes et performantes.

En premier lieu, c’est le maire de la Commune III, Abdel Kader Sidibé, qui a pris la parole pour souhaiter la bienvenue aux participants dans sa commune. Dans son mot, il a rappelé que le forum offre un cadre privilégié de débat et d’échanges qui permettra de faire des propositions idoines pour améliorer le système éducatif.

Il sera aussi l’occasion, après la réforme de 1962 et les états généraux sur l’éducation, de renforcer les multiples efforts entrepris par les gouvernements successifs. Le président de la Commission d’organisation du Forum, Salikou Sanogo, en faisant le bilan se sa commission, a rappelé que deux ateliers exploratoires, 20 ateliers thématiques ont été organisés.

Pour la commission Education de Base et Alphabétisation, elle a vu la participation de 1 500 acteurs et partenaires de l’éducation. Quant aux concertations régionales dans toutes les régions du Mali, elles ont regroupé 4 500 citoyens. Ces concertations avaient pour objectif d’aller à l’écoute des voix les plus reculées du pays. S’y ajoutent les visitent de courtoisie rendues à plusieurs personnalités qui ont permis, selon l’orateur, de mesurer la volonté des uns et des autres.

Pour le président de la République, Amadou Toumani Touré, « aujourd’hui, pour notre pays, pour notre nation, pour nos enfants, c’est toute la communauté éducative au sens large, les enseignants, les élus locaux et nationaux, les fonctionnaires, les parents d’élèves, la société civile et le secteur privé ainsi que les pouvoirs publics qui doivent faire le pari d’œuvrer ensemble pendant les quatre jours que vont durer les travaux du forum pour sortir notre école des cycles de perturbations et construire un système éducatif à la dimension de nos ambitions de faire du Mali un pays émergent « .

Dans le même ordre d’idée, le président de poursuivre que si les maux de l’école ne tenaient qu’aux seuls aspects de l’insuffisance des infrastructures, des effectifs pléthoriques, du manque d’enseignants, de bibliothèques, de laboratoires, les efforts déployés par le gouvernement et toutes les réalisations de ces dernières années auraient suffi à guérir les maux de l’école.

« L’édification d’une nation s’inscrit dans le temps. Elle n’est jamais totalement achevée et ne saurait être l’œuvre d’un seul régime et encore moins d’une seule personne. Chaque génération occupe un instant de ce temps et accomplit sa part de la mission de construction nationale » a-t-il ajouté.

A l’ endroit des enseignants, il a prévenu que la grève est un droit mais que la rétention des notes des élèves n’est pas élégante. « Je ne peux pas comprendre la rétention des notes, je ne peux pas non plus concevoir la violence à l’école surtout l’agression contre les enseignants  » a-t-il averti.

Pour le président, le respect entre le maître et son élève se mérite et s’entretient. Il a rendu un hommage mérité à feu Président Modibo Keïta, qui était premier de sa promotion et à l’ancien président, Alpha Oumar Konaré qui a été son maître. ATT de rappeler que le Mali autrefois formait les élites de la sous-région et qu’il faut que l’excellence revienne à l’école. « La situation désastreuse de l’école est le salaire de l’indifférence de nous tous » a-t-il conclu.


Ramata TEMBELY

31 Octobre 2008