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Le président de la République, Amadou Toumani Touré, effectuera ce week-end une visite d’amitié à Alger. Objectif : obtenir la libération des otages maliens détenus par Ibrahim Bahanga et relancer la coopération algéro-malienne, soumise à rude épreuve à la faveur de la nouvelle crise au nord du Mali.

En foulant le sol algérien pour la première fois depuis son accession à la magistrature suprême en 2002, Amadou Toumani Touré aura certainement l’embarras de choix entre les sujets à discuter avec ses hôtes algériens. Outre les traditionnelles questions de coopération bilatérale, le sujet brûlant reste sans conteste la situation au nord du Mali avec la reprise des attaques au mois d’août dernier par Ibrahim Bahanga, rejoint après par son cousin le lieutenant colonel, Hassane Fagaga, déserteur de la garde nationale.

Près de quatre mois après, les deux hommes se sont retirés sur le territoire algérien avec une trentaine d’otages, civils et militaires.
A Alger, la question sécuritaire dans le septentrion malien et surtout celle relative au sort des otages, domineront sans doute les échanges entre Algériens et Maliens et seront certainement au centre des entretiens qu’aura Amadou Toumani Touré avec son homologue Abdel Aziz Boutéflika.

En effet, le chef de l’Etat malien multiplie, depuis des semaines, les contacts avec les Algériens et les Libyens en vue de trouver un dénouement heureux à la captivité des otages. Dans la capitale algérienne, Amadou Toumani Touré aura suffisamment d’arguments pour inciter les voisins à s’impliquer davantage auprès de Bahanga en vue de la libération, sans condition, des otages.

Selon des sources diplomatiques, les autorités algériennes ont déjà rassuré le Mali de leur soutien. Aussi, le pouvoir algérien aurait lancé des signaux à la fois en direction de Bamako et des rebelles quant à sa volonté de débloquer la situation, en exigeant la libération des otages.

Dans la recherche d’une sortie globale de la crise actuelle, les autorités algériennes auraient en outre demandé à Bahanga de se conformer strictement à l’Accord d’Alger. Rejoignant la position affichée depuis le début de la nouvelle crise par les autorités maliennes, les dirigeants algériens estimeraient aujourd’hui qu’aucun accord ne saurait être conclu, en dehors de celui signé le 04 juillet 2006 à Alger.

Cette position a rapproché ces derniers jours les vues entre les deux Etats. C’est dire que dans la capitale algérienne, ATT prêtera une oreille attentive à toute autre proposition allant dans le sens de l’application de l’Accord d’Alger. Outre, la pression exercée depuis quelques semaines par les Algériens sur Bahanga, d’autres démarches sont menées notamment à Kidal, où les notabilités ont mandaté Iyad Ag Ghaly pour qu’il intercède auprès du bandit.

Ces différentes démarches menées à l’intérieur par des notabilités de la région de Kidal, et à l’extérieur par certains pays amis du Mali et avec la bénédiction du chef de l’Etat sont sur le point d’aboutir.

Avec toutes ces pressions, le bandit a tenté une ultime « négociation » avec les Libyens. Il y a de cela deux semaines Bahanga s’est rendu à Tripoli, dans l’espoir d’obtenir le paiement d’une rançon. Peine perdue.

Finalement, il a été contraint de regagner Alger sans être reçu par les officiels libyens et surtout le Guide de la révolution Mouammar Kadhafi.
L’étau se resserre inéluctablement sur Bahanga. Jusqu’à quand le bandit résistera-t-il ?


C.H Sylla

22 janvier 2007.